‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 223 sur 228 · ACTE DEUXIKME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIKME

Non; je refuse. Esl-ce compris?

\.E GRAND-PRÊTRE

Seigneur...

PRIA Ni.

Non, non.

PARIS, inquiet.

Mais... qu'est-ce à dire?...

PRIAM

Hein! Quoi? Vous perdez la raison, Mon (ils.

II É LE. NE, à Paris.

Mon doux ami, respectez votre père.

l'ÀRIS.

flst-ce au moins le dernier, madame? Je l'espère : Car, en un jour, c'est trop de surprises vraiment!

HÉLÈNE

Mais puisque je l'adore, ù mon méchant amant! Je t'aime uniquement : même, je te pardonne (Que ferais-je de plus?) le chagrin que me donne Cette jalouse humeur qui n'épargne plus rien.

Donc, reprenons. Pour moi, je ne songe qu'au bien De la patrie, et tiens contraire à la justice Que de nos différends un peuple entier pâtisse. Mais tout iieut s'arranger, et voici le dessein Que les dieux bienveillants m'inspirent.

Au Grand-Protrc.

Prêtre saint, Votre place vous vaut des respects légitimes, El vos relations avec Zeus sont intimes. Vous êtes, comme nous, de fort bonne maison ; Vous êtes, plus que nous, au-dessus du soupçon; II. 19

Nul ne croira jamais qu'aux voluptés sensible, Votre cœur ait brûlé d'un feu répréhensible. Pontife, en qui l'esprit de Zeus est reflété, Offrez le sacrifice et sauvez la cité.

LE GRAND-PRÊTRE

Qui? moi"?

PRIAM

Vous-même.

LE GRAND-PRÊTRE

Hélas !

Il se voile le visage d'un pan de son manteau. PRIA.M.

Éloquente réponse!

HELENE, à Paris accablé.

Vous ne dites plus rien, mon ami?

P.\RIS

J"y renonce A la fin! Ils sont trop.

HÉLÈNE

Et tu fais sagement.

Va, laisse ces gens-là tranquilles, cher amant. Ah ! leur manque d'usage est ici manifeste. Ils se vantent, mon doux ami, je te l'atteste! Moi te tromper? ah! dieux!... Mais quand cela serait, Ils devaient galamment en garder le secret; Et la correction la plus élémentaire.

En pareil cas, prescrit aux hommes de se taire. Ils allégueront Zeus et ses menaces : soit! Ces gens ignorent donc ce qu'aux femmes on doit? L'équitable avenir dira qu'ils furent braves, Généralement forts, généralement graves; Qu'ils dévoraient des boeufs entiers dans leurs festins; Qu'ils témoignaient aux dieux, encore que lointains,

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