‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 225 sur 228 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Vénus !

VÉNUS

Oui, c'est ^'énus qui des voûtes célestes Descend pour apaiser vos discordes funestes.

A Paris.

Que veux-tu donc, ingrat? Faire pleurer ces yeux Adorables? meurtrir ce corps délicieux?

Tacher de sang ces blondes tresses?

Ravager ta moisson, saccager ton jardin? Fèler la coupe illustre où pétille le vin De tes coutumières ivresses?

Naguère, le cou pris dans un fâcheux licol, Quand le roi Ménélas te traînait sur le sol.

Moi j'eus pitié, tète charmante, De ta grâce inhabile aux durs travaux d'Ares. Dois-tu pas, en retour, accepter mes arrêts?

Épargne, enfant, ta douce amante.

Il te déplait qu'Hélène, aux gestes obligeants, Ait été secourable et bonne à tant de gens

Dont l'amour l'assiégeait sans trêve :

Mais qu'en sais-tu d'abord? Le fait est-il prouvé? Ce qu'ils désiraient tous, peut-être ils l'ont rêvé Si fort... c[u"ils crurent à leur rêve.

D'ailleurs, que restc-t-il d'un baiser ancien? Rien qu'on puisse saisir, pas même un souffle, rien; Rien n'en demeure aux lèvres veuves.

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