SCENE III
GOTLIEB, FRIDA.
FriJa met des bouquets dans des vases, Gotlieb l'aide. GOTLIEB.
Vous êtes trop bonne pour elle, madame.
FRIDA
Et vous, un peu défiant et grondeur, Gollieb.
GOTLIEB.
J'ai mes raisons pour ça... Elle n'a plus que moi, je n'ai plus qu'elle; sa sagesse est le plus clair de son bien... Aussi j'y veille... Je ne veux pas avoir de reproches à me faire, ni en recevoir des morts.
FRIDA
Eh bien! il faut lui dire cela, mais doucement, et surtout il faut lui faire sentir que vous l'aimez bien.
(Regardant les fleurs qu'elle vient d'arranger.) Là... CSt-Ce joli,
Gotlieb?
GOTLIEB.
On peut le dire, madame !
FRIDA
Cela lui fera plaisir... J'ai si grand peur qu'il ne soit triste.
GOTLIEB.
Pourquoi, madame?
FRID.V
Cette chose horrible qui s"est passée à Marbourg l'autre semaine... Cela a tant dû lui coûter dètre obligé d"en venir là...
Oh! moi, madame, si j'étais à la place de monseigneur, ce n'est pas ça qui m'empêcherait de dormir.
KIUUA.
Gotlieb !
GOTLIEB.
Voulez-vous mon opinion"?... On n'en a pas encore assez dégringolé.
FRIUA.
Comment pouvez-vous dire cela, Gotlieb? Songez qu'on a ramassé parmi les morts des femmes et des enfants.
GOTLIEB.
C'est fâcheux, je ne dis pas, mais c'est leur faute. Pourquoi se trouvaient-ils là? Ce n'était pas leur place... Quant aux autres...