ACTE QUATRIEME
Par quel honloux espionnage? Par quelle plus honteuse et plus basse délation?
Toujours exagérée... Mais je m'y attendais et je vous pardonne... Je me doutais bien qu'en vous montrant quel joli monsieur est mon frère...
AVII.HELMINE.
Ah! taisez-vous, Otto, taisez-vous! Comprenez donc que, quoi quil ait fait, vous n'êtes pas, vous et lui, de la même race! Il est bon... il y a de la générosité dans ses erreurs même, et c'est en flattant ses chimères que cette fille me l'a pris... Mais vous!... Je ne parle même pas de votre abominable vie... Mais cette heure où nous sommes, si grave pour nous autres, et où tout ce qui porte un nom royal devrait s'unir et se serrer davantage pour la tâche commune et contre le péril commun, c'est cette heure-là que vous choisissez, vous, pour la trahison intime, en attendant l'autre! Quelle àme de boue êtes-vous donc!
OTTO
Allez, allez! Que votre colère se passe d'abord sur moi. C'est tout naturel. Hermann, l'autre jour, ma déjà tenu des discours de ce genre. Mademoiselle de Thalberg aussi, un peu auparavant. Ah! on n'a pas d'illusions sur moi dans ma famille.
WILHEL.MINE, recommençant son examen et reprenant sa première idée.
Oui, je comprends, je comprends... Évidemment, tandis qu'on m'élevait pour le trône, on m'a bien mal élevée pour l'amour... Il ne suffit pas d'être une honnête femme, ni une épouse dévouée... Il faut plaire, il faut charmer... Mais, maintenant que je sais... Ditesmoi, Otto, vous qui avez l'expérience de ces choses-là.
VOUS qui connaissez les femmes... Après tout, ce n'est qu'une petite fille... fourbe et hypocrite oui... mais d'ailleurs insignifiante...
Hé! hé! elle est jolie, bien jolie... du piquant... du je ne sais quoi...
Mais enfin, Otto, croyez-vous qu'il l'aime tant que cela"?
OTTO
Vous avez un moyen bien sûr de vous en assurer... puisqu'ils se verront ce soir... et que, par mes soins ingénieux, la petite porte du jardin restera ouverte...
WILHELMINE
Mais... êtes-vous sûr qu'il vienne?
OTTO
Vous voyez bien qu'on l'attend.
Non, non, je ne veux pas, je ne veux pas. Ce que vous m'avez fait faire n'est déjà que trop honteux. Assez d'abaissement comme cela!
OTTO
Il n'y a pas d'abaissement à se défendre... A votre place, puisque vous avez commencé... je voudrais tout savoir.
WILHELMINE
Non, non. Il suffit qu'un conseil me vienne de vous pour que j'aie le devoir de le repousser... J'ai déjà assez souffert... et d'ailleurs, qu'apprcndrais-je de plus?
Il n'est tel que d'être là pour être bien instruit des choses... Qui sait si votre rivale...