‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 68 sur 228 · SCENE IX FRIDA, A^VD0T1A · texte numérisé non relu

SCENE IX FRIDA, A^VD0T1A

Gotlieb se rotire ai>rés avoir introduit Awdotia, Frida court au devant d'elle pour l'embrasser.

.WVDOTIA, en robe noire, en mante noire": elle arrête Frida du geste.

Jurez-moi d'abord, Frida, que ce n'est point une étrangère que je retrouve et cjue la demoiselle d'honneur de la princesse royale est toujours la généreuse enfant que j'ai connue à Paris.

FRIDA

En doutez-vous, nia mèi-e"?

Ainsi, il est toujours vrai que vous avez pitié des opprimés?

FRIDA

De tout mon cœur.

AWDOTIA.

Que vous les aimez plus que tout au monde?

FRIDA

Je le crois.

AWDOTIA.

Et que vous seriez capable de vous sacrifier tout entière à la sainte cause ?

FRIDA, un peu inquiète.

Je l'espère.

Alors, venez.

Elle effleure d'un baiser le front de Frida.

FRIDA

Mais vous, qu'ètes-vous devenue depuis que nous nous sommes quittées? Comment ètes-vous venue à Marbourg? Comment y avez-vous vécu?

AWDOTIA.

J'ai fait la classe à des enfants, et les pauvres m'ont nourrie... Mais qu'est-ce que cela fait? J'ai pu vivre, puisque me voici. Il s'agit de bien autre chose!

FRIDA, de plus en plus inquiète.

Je vous écoute, ma mère.

AWDOTIA, les jeux fous, martelant les mots.

Le moment est venu d'agir... Le peuple a tant souffert qu'il est prêt... Plus tôt que je n'aurais cru... Jamais l'occasion ne sera meilleure... Lepeujile. enfin, touche du doigt son rêve... Qu'y a-t-il entre son rêve et lui? Rien, presque rien. Il n'y a derrière le prince Hermann qu'un enfant rachitique et ce misérable Otto, méprisé même des siens. Supposez qu'Hermann disparaisse : de lui-même, le trône croule... Il faut qu'Hermann disparaisse... Voilà ce que j'avais à vous dire.

(Elle tire de dessous sa mante un revolver et le pose sur une table.)

Le peuple a condamné Hermann à cause de sa dernière

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