FRID
Hermann !...
Que faire maintenant? Je ne sais plus!... Le règne futur de la justice est le rêve des bons, et les destructions qui rendraient son avènement possible ne peuvent être faites que par des méchants. Et de même
ceux-là seuls peuvent avoir la force de défendre l'ordre existant dans ce qu'il a de légitime, qui l'aiment, au fond, dans ce qu'il a d'injuste et d'impitoyable. Quel rôle pour moi dans tout cela? Aucun... Ah! parini les félicitations que j'ai reçues ces jours-ci, il y en a qui m'ont fait lever le cœur... J'admire qu'il y ait des hommes capables de juger, de condamner, de faire mourir d'autres hommes, de prendre cela sur eux et de dormir après.
FRID.X, le baisant an front.
Mon ami !
Quand j'ai revu mon père, l'autre soir, il m'a dit ces seuls mots qu'il m'avait déjà dits le jour où il m'a remis ses pouvoirs : « Mon fils , que Dieu vous donne la foi! » Hélas! j'ai déchiré le voile d'illusions que les souverains ont devant les yeux. Ce qu'ont fait mes ancêtres et ce dont on les glorifie m'a souvent rempli de doute et d'épouvante... La foi dont a vécu mon père, je ne l'ai jamais eue; et celle dont j'aurais voulu vivre, je crains à présent de ne plus l'avoir.
FRIDA, le caressant.
Je vous aime.
Et moi, Frida, je ne vis plus que par vous. Ces angoisses même, dont je vous fais le pitoyable aveu, elles me viennent un peu de vous. Vous seule pouvez les apaiser... Aie bien pitié de moi! Oh! ta voix... tes yeux... ta bouche!... la douceur de caresser tes cheveux, de reposer contre ta poitrine, de te sentir à moi, toute à moi, n'est-ce pas?
FRIDA, eiTravèe.
Hermann!
HERMANN
Ne vois-tu pas que j'ai besoin de ton baiser et qu'il