SCENE IV
LE ROI, puis Un Huissier du Pal.vis, puis GOTLIEB et KATE, puis WILHELMINE.
LE ROI. 11 frappe sur un timbre, l'huissier parait.
Ces gens sont-ils là?
l'huissier.
Oui, Sire.
Faites-les entrer. (Gotlleb et Kate sont introduits par Thuis-
sier. — A Gotiieb.) Approcliez... Je sais que vous avez été un bon soldat, honnête et obéissant. Peut-être avez-vous
caché quelque chose au juge, et c'est à cause de cela que j'ai voulu vous voir. Il faut me dire, à moi, la vérité tout entière comme à votre premier chef, et je suis sûr que vous me la direz. Est-ce que je me trompe?
GOTLIEB.
Non, Sire.
Vous me direz tout?
COTLIEB.
Sire, je serais le dernier des hommes si je ne parlais pas devant vous avec la même sincérité qu"au jour du grand jugement.
On vous accuse d'avoir tué le prince Otto. On vous accuse de l'avoir tué pour obéir à Frida de Thalberg, à qui vous étiez entièrement dévoué.
GOTLIEB.
Sire, il est vrai que j 'étais dévoué à mademoiselle de Thalberg, mais non pas jusqu'à mal faire, et, d'ailleurs, jamais elle ne m'eût commandé rien de semblable. — Voici ce qui est arrivé. Dans la nuit de vendredi à samedi, — il pouvait être dix heures, — j'ai entendu un bruit de pas, le bruit de quelqu'un qui marcherait dehors avec précaution. Je me suis levé; mais avant de sortir j'ai eu l'idée d'aller jeter un coup d'ceil dans la chambre de ma petite-fille, et j'ai vu qu'elle n'était pas dans son lit.
KATE
J'y étais.
GOTLIEB.
Tais-toi, et ne mens pas.
Et ensuite?