LE ROI, WILHELMINE
Un long silence.
Madame, n'avez-vous rien à me dire?
WILHELMINE, très troublée.
Mais vous-même, Sire?... Ces gens vous ont-ils appris quelque chose de nouveau?
Peut-être, mais c'est à moi de vous interroger. N'avez-vous rien à me dire, madame?
WILHELMINE
Moi?
Madame, je suis voire père et votre roi : j'attends que vous vous confessiez.
WILHELMINE
Eh bien, oui, c'est moi.
Elle tombe à genoux.
Ah! malheureuse! malheureuse!
WILHELMINE
Oui malheureuse! car je laimaisel, pour lui, j'aurais donné mon sang. Je l'avais suivi à Lowenberg malgré lui... Ah! quelle torture!... Je la sentais, cette fille, tout près... Si encore elle n'avait été que sa maîtresse, peut-être me serais-je résignée. Je savais quel est communément le sort des reines, qu'il n'j' a guère parmi elles d'épouses heureuses, et que, trompées, il ne leur est pas permis, comme aux autres femmes, de