ACTE CINQUIÈME
se plaindre tout haut ni de se venger. Et puis, j'avais tant demandé à Dieu de me délivrer de la jalousie! Non, en vérité, si Hermann n'eût été (pie son amant, je crois que, avec la grâce de Dieu, j'aurais souffert sans rien dire... Mais ici il y avait autre chose... Pourtant, je ne voulais pas descendre à espionner... Otto s'en chargeait... Un jour, il m'a dénoncé le rendezvous d"Hcrmann et de mademoiselle de Thalberg et m'a donné le moyen d'arriver jusqu'à eux... J'y suis allée... J'ai vu et j'ai entendu... J'ai entendu ce qu'elle disait à Hermann et ce que Hermann lui répondait... Je vous jure sur mon salut éternel que ce quelle me prenait, ce n'était pas seulement le cœur de mon mari, mais son honneur et sa couronne et la couronne de mon fds... Je suis entrée... une arme se trouvait là. En me voyant, cette femme s'est blottie contre lui, et il l'entraînait vers la porte, en tournant sur moi des yeux pleins de terreur et de haine... J'ai compris que c'était fini; que, si je le laissais partir, il ne .reviendrait jamais... jamais. J'ai voulu frapper une criminelle d'État, délivrer Hermann de son mauvais génie... Du moins, j'ai cru que c'était cela, et cela seulement, que je voulais... J'ai tiré... Mais, sans doute, il s'était jeté au devant d'elle... ou plutôt ils étaient si enlacés... Enfin... c'est lui qui est tombé... Après, je suis partie... J'ai abandonné dans cette maison, j'ai laissé aux baisers de cette fille le cadavre du prince héritier. 11 le fallait pour sauver du scandale la maison de Marbourg... Et maintenant, mon père, jugez-moi. Quelque arrêt que vous prononciez, je porte en moi un pire châtiment.
l'2S LES ROI;