ACTE PREMIER
MARTIGNY
C'est vrai, je ne t'ai jamais comme je voudrais. Le jour c'est l'usine...
JE.VNNE.
Ou Paris. Tu y vas presque tous les jours.
M.VRTIGNV, continuant.
Après dîner, ton oncle t'accapare pour son piquet, pendant que je bâille sur les journau.x... Enfin, il me semble que j'ai une belle-mère.
JEANNE
C'est plus vrai que tu ne crois. 11 est pour moi une maman.
MARTIG.NY.
Oncle, parrain, maman... c'est trop.
Sois gentil. 11 est si bon, et nous lui devons tant ! Et puis, songe, il serait tout seul sans nous.
MARTIGNY
En revanche, nous serions tous deux sans lui.
Ne grogne pas... Tu as tes vieux meubles pour te distraire, depuis que Monsieur de Montaille t'a communique sa manie...
MARTIGNY, riant faux.
C'est vrai, on ne voit plus que moi à l'hôtel des ventes et chez les brocanteurs de la rue de Châteaudun.
JEANNE
C'est donc amusant?
M.VRTIGNY, sans conviction.
C'est passionnant.
JEANNE
Et tu t'y connais?
MAHTIGNY.
Je commence.
jp:anne.
Tu sais qu'ils sont allVeux?
M ARTIGNY
Quoi?
JEANNE
Tes vieu.x meubles.
MARTI ON Y
C'est ce qui en fait le prix.
JEANNE
El c'est bien encombrant.
M A RT I G N Y , involontairement.
Oh oui! (s-> lattrapant). Mais que veux-lu? Ça me passionne.
JEANNE
Tu trouveras ce soir à qui parler. Je te rappelle que monsieur de Montaille vient dîner avec Yoyo et son père.
M A RT 1 G N Y , maussade.
Oui, oui.
JEANNE
Cela t'ennuie"?
MARTIGNV.
Mon Dieu...
JEANNE
C'est toi qui les as invités.
MARTIGNY
Oh ! ils se sont bien invités tout seuls.
JEANNE
Je croyais que Yoyo t'amusait"?
MARTIGNY
Moi? Pas du tout. Je n'aime pas les détraquées.