‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 118 sur 225 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

CHAMBRAY

11 peut se raviser. L'éclat a été si public, qu'il est difficile, même à lui, de faire celui qui ne comprend

l>as.

MARTI GN Y

Nous verrons bien.

CHAMBRAY

Le drôle est extrêmement fort à l'épée.

MARTIGNY

Eh! qu'est-ce que ça me fait?

CFIAMBRAY.

Je savais, Pierre, que vous êtes brave.

MARTIGNY

Oh! mon Dieu, non. Mais tout m'est indifférent, à l'heure qu'il est, sauf une chose. Je veux voir Jeanne. Toute fâchée qu'elle est, je vous jure que, si je pouvais lui parler, lui dire mon chagrin, et aussi lui expliquer. .. bref, lui faire lire dans mon cœur, et puis... la prendre, l'embrasser comme je l'aime, — elle me pardonnerait, elle ne pourrait pas ne pas me pardonner.

CHAMBRAY, glacial.

Je vous ai prévenu qu'elle dormait.

MARTIGNY

Au moins, laissez-moi la regarder... rien qu'un peu, en entrouvrant la porte tout doucement. J'ai besoin de la voir.

CHAMBRAY

Vous êtes fou.

Je veux la voir.

Non! .

MARTIGNY

CHAMBRAY

no L'AGE DIFFICILE.

MARTIGNY

Et je la verrai !

CflAMBRAY.

Essayez donc !

Il lui barre la porte.

MARTIGNY

Sapristi do sapristi! Si vous n'étiez pas mon maître, et si je ne vous avais pas appelé mon oncle pendant six ans...

CHAMIîRAY.

Il est neuf heures. Vous devriez être à l'usine depuis longtemps. Allez-y, ça vous calmera.

MARTIGNY

J'y vais, mais ça ne me calmera pas.

Il sort par la porte du fond.

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