‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 127 sur 225 · ACTE DEUXIEME. i8i · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME. i8i

CHAMBRA Y

Là... là... c'est fini... Et maintenant, Jeanne, il faut que tu me pardonnes.

JEANNE

Quoi donc, parrain?

CHAMBRAY

De t'aYoir donné un pareil mari. Je ne pouvais pas prévoir... Il semblait t'aimer; il ne te déplaisait pas; j'avais pour lui de l'estime. Je trouvais tout très bien ; j'ai fait ce mariage avec une entière confiance, môme avecjoie. Et pourtant, —je puis te l'avouer aujourd'hui, — à peine étiez-vous mariés, je n'ai plus été aussi satisfait; j'ai soupçonné que Pierre n'était pas l'homme qu'il te fallait, et que je m'étais trompé sur son compte... Est-ce singulier!

JE.\NNE, qui n'a pas écouté.

Parrain, où sont les enfants?

CHAMBRAY

J'ai dit qu'on les promène.

JEANNE

Je voudrais tant, tant les voir !

CHAMBRAY

Tu les verras à déjeuner.

JEANNE

Non, tout de suite, parrain.

On peut envoyer Gertrude.

JEANNE

Elle n'en finirait pas. Voulez-vous être bon? Allez les chercher vous-même, parrain.

CHAMBRA Y

Mais, ma chérie, je ne puis te laisser dans l'état où tu es...

JEANNE

Parrain, je vous en prie.

CHAMBRAY

Alors il faut bien que j'obéisse, (il lembrasse; fausse

sortie.) A ta placc, je m'enfermerais.

JEANNE

Pourquoi?

CHAMBRAY

Pour qu'on ne te dérange pas. Tu as besoin de beaucoup, beaucoup de repos... A tout à l'heure.

Il sort par le fond.

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