ACTE PREMIER
Je marchais à côté d'Hector, l'âme affermie, Quand tout à coup, des rangs de l'armée ennemie, Un guerrier, lance au poing, fauve, avec un long cri, Fondit sur moi. C'était...
HÉLÈNE
Mais va donc!
PARIS
Ton mari.
HELENE, portant la main à son cœur.
Ail!... Et comment va-t-il?
PARIS
Mais... bien.
HÉLÈNE
Il le mérite.
Il n'est pas trop changé?
PARIS
Je ne crois pas.
HÉLÈNE
Ensuite?
PARIS
Ensuite? Je ne sais si le soudain abord D'un homme envers lequel, jadis, j'eus quelque tort... La surprise... un secret remords que rien n'efface... La honte et l'embarras de me trouver en face D'un rival malheureux, mais par moi respecté... Que te dirais-je? Enfin... je ne suis pas resté.
HÉLÈNE
On ne fait pas toujours ce que l'on veut. Je t'aime,
Paris, mon tendre ami, pour ta faiblesse même.
Il m'est doux, te sentant fragile* ainsi que moi,
De ne jamais avoir à rougir devant toi,
Et de croire souvent, lorsque je te caresse.
Que de nous deux, c'est moi l'amanl, toi la maîtresse.
Entre Hector.
PARIS
Silence! C'est Hector.
HÉLÈNE
11 n'a pas l'air content.
PARIS
Je voudrais m'en aller.