‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 199 sur 225 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Je marchais à côté d'Hector, l'âme affermie, Quand tout à coup, des rangs de l'armée ennemie, Un guerrier, lance au poing, fauve, avec un long cri, Fondit sur moi. C'était...

HÉLÈNE

Mais va donc!

PARIS

Ton mari.

HELENE, portant la main à son cœur.

Ail!... Et comment va-t-il?

PARIS

Mais... bien.

HÉLÈNE

Il le mérite.

Il n'est pas trop changé?

PARIS

Je ne crois pas.

HÉLÈNE

Ensuite?

PARIS

Ensuite? Je ne sais si le soudain abord D'un homme envers lequel, jadis, j'eus quelque tort... La surprise... un secret remords que rien n'efface... La honte et l'embarras de me trouver en face D'un rival malheureux, mais par moi respecté... Que te dirais-je? Enfin... je ne suis pas resté.

HÉLÈNE

On ne fait pas toujours ce que l'on veut. Je t'aime,

Paris, mon tendre ami, pour ta faiblesse même.

Il m'est doux, te sentant fragile* ainsi que moi,

De ne jamais avoir à rougir devant toi,

Et de croire souvent, lorsque je te caresse.

Que de nous deux, c'est moi l'amanl, toi la maîtresse.

Entre Hector.

PARIS

Silence! C'est Hector.

HÉLÈNE

11 n'a pas l'air content.

PARIS

Je voudrais m'en aller.

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