SCENE PREMIERE
MAUBERT, ALVAREZ. II. entrent par le fond. MAUBERT.
Venez, c'est ici que nous serons le plus tranquilles.
ALVAREZ
Dans la salle du Conseil?
MAUBERT
Parfaitement.
ALVAREZ
Vous êtes ici chez vous?
MAUBERT
On me laisse aller à peu près comme je veux parce que je ne tire pas à conséquence.
ALVAREZ
Qui est-ce qui aurait dit, hein ! il y a vingt ans, quand nous étions ensemble sur les bancs de Condorcet, que nous nous retrouverions ici, à la cour d'Alfanie, vous, lecteur du roi Christian XVI, et moi ministre plénipotentiaire de la République des Cordillières? C'est drôle, cette rencontre; c'est comme dans une comédie.
M ALBERT
Tout bêtement.
ALVAREZ
Est-ce que le roi va bientôt venir?
M ALBERT
On est en train de le harnacher. C'est un peu long. Le Roi est très vieux, très cassé, très impotent. Mais pour rien au monde il n'aurait voulu procéder à la remise de ses pouvoirs aux mains de son fds aîné dans un autre appareil que celui des grands jours. Sa Majesté est très formaliste, très attachée à Tétiquelte.
ALVAREZ
Un roi vieux jeu?
MATBERT.
Très vieux jeu .
ALVAREZ
J'en sais quelque chose. Voilà trois mois que je suis à Marbourg, et il n'a pas encore pu prendre sur lui de reconnaître officiellement mon gouvernement. Notez que l'Alfanic est la seule monarchie européenne qui n'ait pas immédiatement consenti ù celle reconnaissance.
M \unERT.
Le roi a ses idées. Puis, votre vieil empereur «Hait son ami. Il était très bon, votre vieil empereur, et pas