ACTE DEUXIÈME
PRIAM
Mon fils, que veux-tu dire?
HECTOR
Excusez-moi, mon père :
Mais je dois décliner l'honneur qu'on me veut faire.
PRIAM
Quoi! La ville en détresse implore ton secours; Chargé de maux, hélas! plus encor que de jours, Ton vieux père te prie, Hector, et tu refuses?... Entêtement cruel, et qui n'a point d'excuses I Ah! crains d'irriter Zeus aux infaillibles traits.
HECTOR
Eh ! c'est en vous cédant que je l'irriterais.
PARIS
Tu dis?
HECTOR
Pardonne-moi, frère chéri des Grâces.
Je dis... que je crains Zeus et ses justes menaces.
PRIAM
Qu'entends-je?
PARIS, à Hector.
Ah çà!...
HECTOR, le regardant d'un certain air.
Quoi?
PARIS
Rien. Nous en reparlerons.
A Hélène.
Mais vous, avez-vous cru qu'insensible aux affronts...
HÉLÈNE
Mon doux Paris, par notre amour qu'ici j'invoque... Va, je t'expliquerai... Ce n'est qu'une équivoque.
PARIS
Non, non, madame, il faut...
322 LA BONNE HELK.Nt:.
PRIAM
Mon fils, vous avez toit; Et ce n'est point le temps, lorsque Troie et son sort Vous devraient, comme nous, occuper sans partago, De nous venir troubler de scènes de ménage.
PARIS
Mais...
PRIAM
Taisez-vous, mon fils. Reprenons. Et pounjuoj Ne choisirions-nous pas pour cet insigne emploi Notre petit Cleo? Son doux visage atteste L'innocence d'une ame ingénue et modeste. Certes le cher enfant a le cœur pur.
CLÉOPHILE, piteux.
Je l'eus.
Et maintenant?
P.VRIS, inquiet.
Allons, parle!
CLÉOPHILE
Je ne l'ai plus, Et je crains Jupiter formidable au parjure.
pAris.
Ai-je bien entendu? M'as-tu fait cette injure?
HECTOR
Quoi! Vous aussi, mon fils!
PARIS, roeDaçant.
Ah çà!...
CLEOPHILE.
Grâce ! A vos pieds Je me traîne... 0 mon oncle, hélas! si vous saviez!... Comme à Sparte jadis vous trahîtes votre hôte. Je vous trahis : songez que ce n'est pas ma faute :