‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 7 sur 225 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

RENAUD, se retournant.

Et VOUS, mademoiselle Frida?

FRIDA

Oh! moi, j'ai l'habitude... Vous arrivez de France, monseigneur?

RENAUD

J'étais à Paris le mois dernier, mademoiselle.

FRIDA

Qu'y avez-vous vu de nouveau?

RENAUD

Pas grand'chose. Paris a maintenant son métropolitain. Ça lui donne l'air moins petite ville, mais ça gâte bien ses paysages, qui étaient si jolis ^ Et on ne sen écrase pas moins au carrefour Montmartre.

FRIDA

Et qu'est-ce qu'on fait, à Paris?

RENAUD

La vogue y est au socialisme et aux sciences occultes comme elle était, il y a cent vingt ans, à la révolution et au baquet de Mesmer. On tolstoïse et on s'attendrit sur le quatrième état. Il y a eu, coup sur coup, trois ou quatre grèves on ne peut plus gaies, et qui ont été à la mode même dans les salons. Cela a amené un peu partout d'énormes désastres financiers. On ne s'en amuse, je crois, que plus furieusement. Chacun semble dire : Après nous la fin du monde.

Oui... la fin du vieux monde.

RENAUD

Vous avez habité la France, mademoiselle?

1. A cette époque (1892), on pensait que le métropolitain serait aérien.

dO LES 1101 S,

FRIDA

Pendant trois ans.

Et vous l'aimez?

De tout mon cœur.

Pourquoi?

RENAUD

FRIDA

RENAUD

FRIDA

Parce que c'est le pays oii j'ai trouvé en somme le moins d'hypocrisie et le plus de bonté... Et puis tout y arrive cent ans plus tut qu'ailleurs...

WILIIELMINE, à Frida.

\'ou]ez-vous prendre votre place, mademoiselle de Thalberg?

Frida a un petit frémissement; elle rencontre les yeux du prince Ilermann, s'incline et re^'at'ni^ si i,la.-.> t*.trmi !i>s demoiselles d'Iionneur.

UTTu, à Frida.

En pénitence, mademoiselle !

LE Rul, à Moelinitz.

Monsieur le grand chancelier, quand il vous plaira.

MOELLNITZ, lisant.

Nous, C-liiistian XVI, parla grûce de Oit^n t" '^' fanie, à tous présents et à venir salut.

Considérant (juc l'Age el la maladie, sans diminuer notre zèle pour le bien de notre peuple, ne nous permettent plus d'y travailler selon notre désir, et nous rendent désorm;»!'^ .lirfi.ii.. i.. .roiiv.MMv-ivMf .'«T..,'ijf' de nos États;

Déléguons géncraiL-nu-nl luus nos pouvoirs a uolrt' fils aîné et héritier présomptif, Ilermann, prince de

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