‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 12 sur 273 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

celui do la petite madame Rousseau? Non, n'est-ce pas? Ce sont les jeunes gens qui s'ennuient. Nous ne sommes plus assez jeunes, nous autres, pour nous ennuyer. Voyons, qu'avez-vous? Je vous avertis que je n'y comprends rien. Vous êtes riche, indépendante; vous avez une réputation de bonté et d'esprit; vous êtes partout recherchée et fêtée. Et enfin, vous n'êtes pas, comme moi, une pauvre créature fort isolée en somme, qui passe le temps comme elle peut, et qui a des convives, non des amis. Avec les plaisirs de la liberté, vous avez encore un peu des douceurs de la vie de famille. Je n'ai qu'un salon, vous avez presque un foyer. Vous vivez avec un fils qui est bien le plus honnête garçon que je connaisse, le plus franc, le plus loyal, — sans compter un brin d'austérité qui lui va. Et vous êtes triste! mais triste! Oh! ne niez pas. Je ne suis qu'une étourdie, mais j'ai de bons yeux avec ceux que jaime. Ou vous êtes malade, ou vous avez quelque peine cachée.

MADAME DE VOVES.

Voilà mon fils.

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