‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 122 sur 273 · I.A MARQUISE · texte numérisé non relu

I.A MARQUISE

Raisonnons un peu, mon ami. Comment vous, un homme d'affaires, un honuue sérieux et pratique...

18i LE DÉPUTÉ LEVEAU.

LEVEAU

Pas tant que vous, hélas!

LA MARQUISE

Comment pouvez-vous exiger de moi, pour tout de bon, un si étrange sacrifice? si étrange... et si inutile! Car enfin, pourquoi ne pas laisser les choses telles quelles sont? Est-ce que je refuse d'être encore votre amie... comme avant? Pourquoi voulez-vous me rendre comptable et responsable de folies auxquelles vous avez rêvé que je vous poussais, parce que vous teniez absolument à les faire? Et pourquoi voulez-vous que j'aille quitter le nom que je porte...

LEVEAU

Pour?...

LA MARQUISE

Mais...

LEVEAU

Pour celui de madame Leveau? Dites-le donc! Ah! je vois clair à l'heure qu'il est, madame la marquise de Grèges ! Triple imbécile que j'étais ! Ai-je été assez dupe ! L'ai-je été assez pleinement! assez risiblement! Dupe de ma vanité, de ma naïveté de parvenu et de mon amour, hélas! de mon amour de pauvre collégien de cinquante ans! Ah! tu as voulu tâter de la grande dame? Tu sais à présent ce qu'il en coûte, mon garçon. Tu as trahi pour elle tes principes et tes amis; tu t'es déshonoré; tu as été le valet de madame; tu as fait quelqu'un de son mari qui n'était qu'un carnier et une paire de bottes ! Et maintenant que tu ne peux plus lui être bon à rien, à cette grande dame, oh ! c'est bien simple, elle n'a jamais rien dit, elle ne se souvient plus... Ah! vous êtes vraiment une femme très intelligente! Vous avez dû bien rire de moi, et qui sait? vous me blaguiez peut-

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