‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 121 sur 273 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Vous venez dV'tre franche. Le malheur, c'est que c'est peut-être la première fois. Ces réponses de complaisance, comme vous dites, j'y ai cru si fermement que j'ai engagé sur elles ma vie et tout ce que je possédais au monde. Me laisser faire, c'était reconnaître votre dette. Le jour de l'échéance est venu : payez!

LA MARQUISE

Voilà qui est tout à fait galant.

LEVEAU

Oui, c'est convenu, je suis un brutal... Et pourtant, au moment même où tout mon être se soulève de colère contre vous, au moment oîi je vous hais, — car je commence à vous haïr, —je continue à vous aimer, — à vous aimer comme personne ne vous aimera jamais.

LA MARQUISE

Espérons-le.

LEVE. vu, très pressant et avec Je la colère au fond.

Ma chère petite Odette, ne sois pas méchante. Et tiens, j'admets que tu aies oublié tes engagements, j'admets même que tu ne les aies pas pris... Ce que tu ne te souviens pas d'avoir promis, qui t'empêche de le faire tout de même? Je t'ai tout sacrifié, je n'ai plus que toi : aie pitié! Tu n'auras pas à t'en repentir. Quand je tiendrai ce qne j'ai le plus violemment souhaité au monde, quand je ne serai plus détourné de l'action par des inquiétudes de toutes sortes, tu verras quelles grandes choses nous accomplirons tous deux, et comme je saurai faire de toi la plus heureuse, la plus i)uissante, la plus riche et la i)lus enviée des femmes.

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