‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 146 sur 273 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SIMONE

Bon docteur!... Mais que Taire contre une idée qu'on a toujours, toujours, malgré soi? Elle est si bien là, cette idée (Elle touche son front.) que cela me rend toute sotte et comme honteuse avec les personnes que je ne connais pas... Tenez! votre ami, monsieur de Tièvre... eh bien, il doit me prendre pour une petite bête.

LE DOCTEUR

Mademoiselle Simone, vous devenez coquette : donc, vous allez mieux.

s I M ONE.

Coquette, moi? Oh! non. Je suis trop sûre, hélas! de plaire sans eltort, comme une petite chose fragile : je n'ai donc pas de frais à faire... Il n'est pas mal, monsieur de Tièvre, et je le crois bon. Mais j'ose à peine lui parler et le regarder. J'ai peur de sentir encore que, pour lui comme pour les autres, je ne suis qu'une petite malade qu'il faut traiter doucement, puisqu'elle va s'en aller. Tout le monde est bon pour moi, personne ne se fâche de mes caprices. Mais cette bonté même et cet air d'attendrissement que chacun prend à mon approche me rappellent à chaque minute ce que je voudrais oublier. Ah ! si je pouvais être aimée autrement, rien qu'un peu!... J'aimerais tant qui m'aimerait pour autre chose que ma faiblesse et ma pâleur!...

MADAME AUBERT, se levant et sappiochant, avec Marthe.

Es-tu bien reposée, Simone"?

SIMONE

Oui, maman.

MADAME AUBERT

Il est temps de rentrer, mon enfant. .Vu revoir, docteur.

Madame Aubort, Simone et Marthe sortent par la droite.

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