SCENE XIV
MADEMOISELLE ANGLOCHÈRE, LEPLUCHEUX, FLIPOTE. puisTOTOCHE.
Leplucheux est allé sefl'ondrer sur le divan sans rien dire. MADEMOISELLE A N ( 1 L (» C II È R E .
Es tu i)rète, Flipote?
FLIPOTE.
Oui, tante. (Elle aperçoit Leplucheux et va s'asseoir auprès
de lui.) Tu souffres?
LEPLUCHEUX.
Oui.
FLIPOTE.
Beaucoup?
Effroyablement.
LEPLUCHEUX.
II ôte sa perruque.
FLIPOTE.
Pas tant que moi, va!
3G4 FLIPOTE.
LEPLUCHEUX.
Oh! toi... Mais moi, c'est fini, bien fini... Je ne lutte plus, je ne veux plus lutter... Veux-tu voir une épave de la vie? Regarde-moi. Voilà une épave de la vie.
Pauvre ami !
LEPLUCHEUX.
On s'écarte de moi comme d'un maudit, comme d'un pestiféré... Tout à l'heure ils fichaient tous le camp devant moi dans les couloirs.
FLIPUTE.
Mais moi, je suis là.
LEPLUCHEUX, égaré.
Toi?... Va-t'en! Laisse-moi! (Elle essaie do rembrasser.)
Non! je ne veux pas ! je ne veux pas!
FLIPOTE, suppliante.
Emile!
LEPLUCHEUX.
Laisse-moi, Flipote... Je porte le malheur avec moi. Ne me touche pas, cela se gagne... 11 est déjà assez triste pour toi que ta vie ait rencontré la mienne. Je me retire, je te délivre... Je suis un être manqué, ridicule et grotesque, à qui tu ne dois rien, sinon peutêtre un peu de pitié... Laisse-moi, Flipote, laisse-moi... Tu ne peux plus, tu ne dois plus m'aimer.
FLIPOTE.
Ne dis pas de ces vilaines choses... C'est maintenant, au contraire, que je dois être tout entière à toi... Et jamais je ne t'ai aimé comme je t'aime en ce moment, entends-tu?... Plus tu seras malheureux et plus je