‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 80 sur 273 · SCENE V LA MARQUISE, LEVEAU · texte numérisé non relu

SCENE V LA MARQUISE, LEVEAU

LEVEAU

Je suis charmé, madame, de faire la connaissance d'une des femmes les plus élégantes de Paris, et d'une de celles dont j'ai entendu dire le plus de bien.

LA MARQUISE

Et moi, monsieur, je vous avoue que j'étais... curieuse de vous voir. Cela ne vous fâche pas?

LEVEAU

Cela me llatte beaucoup... Et je crois même ciue rien n'est meilleur que ces rencontres. Vous vous figuriez sans doute un député radical comme un être hirsute,

mal peigné, déducation sommaire, un échappé de brasserie, un Rabagas...

Uh' monsieur, il y a longtemps que je ncn suis plus là.

LEVEAU

Je suis heureux, madame la marquise, de vous leutendre dire. Soyez sûre, en effet, que nous ne sommes ni des ours, ni des fanatiques, ni des bohèmes, que nous comprenons les élégances de la vie et que nous les goûtons.

LA MARQUISE

J'avoue que je m'en doute un peu... Mais un mot vous expliquera ma curiosité. Jaime la force... et je ne déteste pas le succès.

LEVEAU

Ainsi, vous ne m"en voulez pas trop d'avoir fait triompher tantôt une opinion qui. jeu ai peur, n'est pas tout à fait la vôtre?

LA MARQUISE

Je n"en veux jamais aux gens de ne pas penser comme moi. Il arrive d'ailleurs si souvent qu'on ait des intérêts

communs sans avoir les mêmes idées!

LEVEAU

Comme vous avez raison ! Ainsi, la droite... 11 semble, à première vue, que ce soit le parti politique qui nous soit le plus ennemi, à nous radicaux. Eh bien! c'est encore avec la droite que nous votons le plus souvent.

LA MARQUISE

C'est vrai, nous nous accordons au moins dans nos antipathies.

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