SCENE PREMIERE MADAME LEVEAU, MARGUERITE
Madame Leveau fait du crochet, Marguerite lit. M.\DA.ME LEVEAU.
Voyons un peu la mine que tu as.
MARGUERITE
Voilà, maman.
Elle approclie sa figure.
NLU)AME LEVEAU.
Pas brillante. Tu ne vas pas bien depuis quelque temps, ma pauvre petite... Qu"as-tu? Est-ce que ce serait?... Tu penses toujours à lui, je parie?
MARGUERITE
Qui, lui.'
MADAME LEVEAU
MARGUERITE
Mais non, maman... Vous savez bien que je ne prends jamais les choses au tragique, moi!... Ce n'est rien; un
peu de fatigue, l'air de Paris. Je suis toujours comme cela à cette époque de Tannée. La campagne me remettra.
MADAME LEVEAU
11 ny a pas autre chose, bien sûr?
MARGUERITE
Bien sûr.
MADAME LEVEAU
J'aime mieux ça.
MARflUERlTE.
C'est vous, ma pauvre maman, qui avez du chagrin.
MADAME LEVEAU
Oh ! moi...
MARGUERITE
A cause de cette femme, n'est-ce pas? Vous pouvez bien tout me dire comme à une vieille amie. Est-ce que je suis une jeune fille, moi? Est-ce (jue jene comprends pas ce qui se passe?
MADAME LEVEAU
Ce n'est pas gai, ce (|ui se passe, ma pauvre enfant... Ah! en voilà une qui, lorsqu'elle a mis le grappin sur un homme... Depuis le jour où il l'a rencontrée chez monsieur INIaubrun, ni loi, ni moi, ni personne n'avons plus existé pour lui... 11 ne lui arrive pas trois fois la semaine de manger à la maison. Et si tu savais à quelles heures il rentre...
MARGUERITE
Je sais.
M A n A ME LEVE A U .
Lui qui avait toujours eu des goûts si simples, il s'est mis à dépenser un argent fou pour sa toilette... 11 a