‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 85 sur 273 · SCENE PREMIERE MADAME LEVEAU, MARGUERITE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE MADAME LEVEAU, MARGUERITE

Madame Leveau fait du crochet, Marguerite lit. M.\DA.ME LEVEAU.

Voyons un peu la mine que tu as.

MARGUERITE

Voilà, maman.

Elle approclie sa figure.

NLU)AME LEVEAU.

Pas brillante. Tu ne vas pas bien depuis quelque temps, ma pauvre petite... Qu"as-tu? Est-ce que ce serait?... Tu penses toujours à lui, je parie?

MARGUERITE

Qui, lui.'

MADAME LEVEAU

MARGUERITE

Mais non, maman... Vous savez bien que je ne prends jamais les choses au tragique, moi!... Ce n'est rien; un

peu de fatigue, l'air de Paris. Je suis toujours comme cela à cette époque de Tannée. La campagne me remettra.

MADAME LEVEAU

11 ny a pas autre chose, bien sûr?

MARGUERITE

Bien sûr.

MADAME LEVEAU

J'aime mieux ça.

MARflUERlTE.

C'est vous, ma pauvre maman, qui avez du chagrin.

MADAME LEVEAU

Oh ! moi...

MARGUERITE

A cause de cette femme, n'est-ce pas? Vous pouvez bien tout me dire comme à une vieille amie. Est-ce que je suis une jeune fille, moi? Est-ce (jue jene comprends pas ce qui se passe?

MADAME LEVEAU

Ce n'est pas gai, ce (|ui se passe, ma pauvre enfant... Ah! en voilà une qui, lorsqu'elle a mis le grappin sur un homme... Depuis le jour où il l'a rencontrée chez monsieur INIaubrun, ni loi, ni moi, ni personne n'avons plus existé pour lui... 11 ne lui arrive pas trois fois la semaine de manger à la maison. Et si tu savais à quelles heures il rentre...

MARGUERITE

Je sais.

M A n A ME LEVE A U .

Lui qui avait toujours eu des goûts si simples, il s'est mis à dépenser un argent fou pour sa toilette... 11 a

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