‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 96 sur 273 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MADAME LEVEAU, seule.

Voilà donc où nous en sommes. Qui aurait jamais cru?... Le divorce? Oh! cela, non, jamais, jamais!... Alors, quoi? Il va quitter la maison, pour être encore plus à sa maîtresse. Et que fera-t-elle de lui?... Ah! cette femme! C'est la première fois que je souhaite du mal à une créature... Je vois encore la rue, la porte de la maison... Elle est entrée cinq minutes après lui... J'ai attendu pendant deux heures; et, malgré moi, je me figurais... je voyais... (Cri de douleur.) Ah!... Et cela recommencerait... qui sait? peut-être tous les jours? Si je pouvais?... Qui donc peut maider, me défendre? Mais son mari est donc aveugle?... (soudainement.) Son mari? mais il a le même intérêt que moi, son mari... Bète que je suis! comment n'y ai-je pas pensé plus tôt?(Très

vite, elle s'assied à la taVjle qui est au milieu du théâtre, prend du papier

et écrit :) < Votre femme est la maîtresse de monsieur

Leveau... > (Elle continue à écrire pendant quelques secondes.)

L"adresse, maintenant : « Monsieur le marquis de Grèges. »

Elle met la lettre dans l'enveloppe, puis va pour sonner, en laissant la lettre sur la table. Leveau rentre à ce moment-là. Madame Leveau, surprise, a un regard vers la table; mais Leveau y arrive avant elle, prend la lettre, l'ouvre et la lit.

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