‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 99 sur 273 · I.EVEAU · texte numérisé non relu

I.EVEAU

Deslignières est un des êtres qui me sont le plus profondément antipathiques. C'est donc un grand sacrifice que je vais faire. Mais puisqu'il s'agit du bonheur de ma fille... Voici ce que j'avais à te dire. Consens à demander le divorce, et je consentirai, moi, au mariage de Marguerite avec Deslignières.

MADAME LEVEAU

Mais c'est abominable, ce que tu me proposes là!

En quoi?

MADAME LEVEAU

Mais parce que... parce que... Ah! quel malheur de ne jamais savoir dire!... Enfin... c'est commesi tu voulais que ta fille ne soit contente qu'à la condition que sa mère soit malheureuse. Oserais-tu le lui dire, à elle?

Il n'est pas nécessaire de le lui dire.

MADAME LEVEAU

Je le lui dirai, moi.

LEVEAU

Tu ne feras pas ça.

MADAME LEVEAU

Si, je le ferai.

LE VEAU

Ainsi tu refuses encore cet arrangement?

MADAME I.EVEAU.

Si je refuse !

LEVEAU

Tu n'aimes pas ta fille.

MADAME LEVEAU

Ne dis donc pas de bêtises.

LEVEAU

Marguerite est malade, je fen préviens; plus malade que tu ne crois.

MADAME LEVEAU

Ce n'est pas toi, je suppose, qui vas me renseigner sur sa santé. Marguerite est un peu fatiguée, mais ce n'est rien de grave. Si elle est quelquefois triste, c'est à cause de ce qui se passe ici, entre son père et sa mère. Quant à Deslignières, elle pense toujours à lui, c'est vrai. Mais Marguerite n'est pas une fille à passions. Elle a attendu un an: clic attendra bien encore jusqu'à sa majorité.

LEVEAU

C'est long, deux ans, quand on souffre.

MADAME LEVEAU

Je te conseille de faire Ihomme sensible. Marguerite ne souffrira pas. Elle est raisonnable ; elle a un fond de bonne humeur et de moquerie... Elle laissera le temps couler.

LEVEAU

Enfin, c'est non?

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