I.EVEAU
Deslignières est un des êtres qui me sont le plus profondément antipathiques. C'est donc un grand sacrifice que je vais faire. Mais puisqu'il s'agit du bonheur de ma fille... Voici ce que j'avais à te dire. Consens à demander le divorce, et je consentirai, moi, au mariage de Marguerite avec Deslignières.
MADAME LEVEAU
Mais c'est abominable, ce que tu me proposes là!
En quoi?
MADAME LEVEAU
Mais parce que... parce que... Ah! quel malheur de ne jamais savoir dire!... Enfin... c'est commesi tu voulais que ta fille ne soit contente qu'à la condition que sa mère soit malheureuse. Oserais-tu le lui dire, à elle?
Il n'est pas nécessaire de le lui dire.
MADAME LEVEAU
Je le lui dirai, moi.
LEVEAU
Tu ne feras pas ça.
MADAME LEVEAU
Si, je le ferai.
LE VEAU
Ainsi tu refuses encore cet arrangement?
MADAME I.EVEAU.
Si je refuse !
LEVEAU
Tu n'aimes pas ta fille.
MADAME LEVEAU
Ne dis donc pas de bêtises.
LEVEAU
Marguerite est malade, je fen préviens; plus malade que tu ne crois.
MADAME LEVEAU
Ce n'est pas toi, je suppose, qui vas me renseigner sur sa santé. Marguerite est un peu fatiguée, mais ce n'est rien de grave. Si elle est quelquefois triste, c'est à cause de ce qui se passe ici, entre son père et sa mère. Quant à Deslignières, elle pense toujours à lui, c'est vrai. Mais Marguerite n'est pas une fille à passions. Elle a attendu un an: clic attendra bien encore jusqu'à sa majorité.
LEVEAU
C'est long, deux ans, quand on souffre.
MADAME LEVEAU
Je te conseille de faire Ihomme sensible. Marguerite ne souffrira pas. Elle est raisonnable ; elle a un fond de bonne humeur et de moquerie... Elle laissera le temps couler.
LEVEAU
Enfin, c'est non?