ACTE III, SCÈNE VI
ARLEQUIN, au docteur.
Mais, voyez un peu son audace.
Il se fera rouer de coups.
LE DOCTEUR, à Léandre.
Allez, Monsieur, retirez-vous.
Je ne veux point de bruit chez moi.
LÉANDRE, à Isabelle.
Air : Je reviendrai demain au soir.
Si je ne puis vous conquérir,
Je veux du moins périr, (bis.)
(Il met l’épée à la main, et courant sur Arlequin.)
Il faut que ton sang répandu....
ARLEQUIN, se cachant derrière le docteur.
A moi, je suis perdu ! [bis.) COLOMBINE.
Heu! le poltron!
LE DOCTEUR, retenant le bras de Léandre.
Arrêtez, Léandre.... Vous oubliez....
LEANDRE , remettant son épée.
Air : Réveillez-vous , belle endormie.
Eh bien, soit, je vous sacrifie Ma fureur.
ARLEQUIN
Je ne te crains pas.
LÉANDRE
Insolent, tu ne dois la vie Qu’au respect qui retient mon bras.
ARLEQUIN TRAITANT
ARLEQUIN
Voilà un rival bien redoutable!
Air : Tu croyois, en aimant Colette.
Ton fer est ta seule ressource.
Tu veux te battre en estafier;
Moi, je mets la main à la bourse :
C’est le combat du financier.
(Le docteur s’approche d’Arlequin, pour lui parler à l’oreille.) LE ANDRE, s’adressant alors à Isabelle.
Air : Menuet d’Hésione.
Sauvons-nous, ma chère Isabelle ;
Vous ne devez plus balancer.
ISABELLE
Je me rendrois trop criminelle,
Léandre, il n’y faut plus penser.
LÉANDRE
O ciel ! cjue dites- vous ?
LE DOCTEUR, prenant Arlequin par la main.
Air : Ce n’est point par effort qu’on aime. Rentrons tous. Suivez-moi, mon gendre.
LEANDRE, à Isabelle.
Vous n’avez point pitié de moi.
ISABELLE, saluant tristement Léandre.
Ilélas! je ne puis me défendre De suivre une barbare loi.
COLOMB1NE , suivant sa maîtresse, qui se retire.
Nous voilà sans espoir, Léandre.
ARLEQUIN, à Léandre, d’un air insultant.
Vous êtes tondu, par ma foi.