‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 180 sur 408 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

LUCAS, criant de toutes ses forces.

Madame Thomas. Eh! baillez-li votre fille!

MADAME THOMAS, à Valèro.

Monsieur, voulez-vous mille écus?

VALÈEE.

Madame, vous m’en offririez cent mille inutilement.

ARLEQUIN

Il n’en démordra pas.

MADAME THOMAS , poussant un grand soupir.

Puisqu’on ne peut s’en tirer autrement, je vous accorde donc ma fille.

COLETTE, transportée de joie.

Ma chère mère!...

VALÈRE, embrassant Mme Thomas.

Madame, vous me rendez le plus heureux des hommes.

LUCAS, sautant.

Vivat! mon enroullement a fait merveilles.

ARLEQUIN, présentant Lucas à Mme Thomas.

Et moi, par reconnaissance, je vous donne Lucas.

MADAME THOMAS

Que tous ceux que j’avois invités âmes noces viennent célébrer ce double mariage.

(On danso.)

MATHURINE, après la danse, chante l’air suivant.

Air : De monsieur Gillier.

Épouse Lucas.

Célébrons ce mariage.

Elle agit en femme sage !

Il fait déjà son tracas ;

Il est fait à son ménage.

LES AMOURS DE NANTERRE

ARLEQUIN, à Mm® Thomas.

Am : De monsieur G-ilUer.

Madame Thomas,

En prenant Lucas,

Vous prenez la fleur de Nanterre.

Vous ôtez au Dieu des combats Un vrai fier-à-bras,

Un foudre de guerre.

(La danss reprend, et finit la pièce.)

FIN DES AMOURS DE NANTERRE

LA FORET DE DODONE

PIÈCE EN UN ACTE

Par FUZELIER, LESAGE et DORNEVAL

Représentée à la foire Saint-Germain de i 72/

A l’époque où cette pièce fut représentée, aucun entrepreneur n’avait obtenu de privilège d’Opéra-Comique. Cependant, à la considération de quelques personnes de distinction, la troupe de Francisque fut autorisée à jouer la Forêt de Dodone, quoique cette pièce fût mêlée de vaudevilles dont le sieur Aubert avait composé la musique.

Ce fut pendant le cours de cette foire que l’on commença à remarquer une charmante petite fille, nièce de Francisque, qui était alors à peine âgée de sept ans. On la nommait la petite Sallé : elle entra, six ans plus lard, à l’Opéra, où elle ne tarda pas à briller, même à côté de Mlle Prévost, et mourut en 1741, regrettée de tous ceux qui l’avaient connue.

Est-il besoin de dire que les auteurs rappelaient d’une manière assez plaisante l’oracle de Jupiter que les Grecs allaient consulter à Dodone, ancienne ville de l’Epire-. Le temple du Dieu était placé au centre d’une vaste forêt, et les prêtres interprétaient les réponses de Jupiter, soit par le murmure des feuilles agitées par le vent, soit par le bruit d’une source qui jaillissait du pied d’un chêne fatidique, soit enfin par le choc de divers bassins de cuivre suspendus aux portiques du temple. — On croit reconnaître les ruines de Dodone au village de Gardiki, à 7 kilorhètres au nord de Janina dans l’Albanie.

PERSONNAGES

Deux vieux chênes, parlant.

Un jeune chêne male, parlant et dansant. Un jeune chêne femelle, dansant.

Un grand chêne, pour porter Arlequin.

ARLEQUIN, voleur.

SCARAMOUCHE, voleur.

M. BOLUS, apothicaire.

M1110 BOLUS, sa femme.

M110 SUZON, maîtresse de M. Bolus.

DAMIS, amant de Cépliise.

CÉPHISE

M. RIGAUDON, maître à danser.

COLIN, nouveau marié.

COLINETTE, sa jeune femme.

GROS-JEAN, oncle de Colin.

GUILLOT, cousin de Colinette.

Garçons et filles de la noce de Colin.

La scène est dans la forêt de Dodone.

LA FORÊT DE DODONE

PIÈCE EN UN ACTE

Le théâtre représente une foret. On voit clans le milieu quatre chênes isolés, creux, et dans lesquels il y a des hommes qui peuvent marcher et remuer leurs branches comme des bras. À chaque arbre est une ouverture, en façon de petit châssis qui s’ouvre et se referme quand on veut ; de manière que l’homme qui est dedans montre sa tête et la cache quand il lui plaît. 11 a un masque vert et des cheveux de mousse.

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