SCÈNE XVIII
(Tirant sa bourse.) Puisqu’il n’y a rien à rabattre, je vais vous compter les cent pistoles. (a Lucas.) Heu! l’étourdi ! vois ce que tu me coûtes.
LUCAS
Air : Ma raison s’en va beau train.
Eh! là, là, maman Thomas,
Ne me le reprochez pas !
Je bêcherai tant,
Je piocherai tant :
Un peu de patience;
Ne pleurez pas votre comptant,
J’en tirerons quittance,
Lon la,
J’en tirerons quittance.
(Mme Thomas présente sa bourse à Valère, qui la refuse.)
VALERE
Votre argent ne me tente point, Madame; la possession de l’aimable Colette peut seule me toucher. Ce n’est qu’à cela que la liberté de Lucas est attachée.
ARLEQUIN
Vous voyez bien que nous nous mettons à la raison.
MADAME THOMAS, regardant Colette.
Air : Tes beaux yeux, ma Nicole.
Je vois tout le mystère.
Ah! coquine, c’est vous....
COLETTE
Maman, point de colère.
Donnez-moi cet époux.
Par là, vous allez faire,
D’une pierre deux coups ;
En m’accordant Valère,
Lucas sera pour vous.
LES AMOURS DE NANTERRE
LUCAS
C’est bian dit.
MADAME THOMAS, â'Valère.
Monsieur, j’ai des raisons pour vous refuser ma fdle.
YALÈRE.
Madame, j’ai aussi les miennes pour vous refuser Lucas.
MADAME THOMAS
Ma fille demeurera auprès de moi.
YALÈRE.
Lucas demeurera dans le régiment, (a Lucas, le prenant an collet et le secouant. ) Allons, marche.
LUCAS, pleurant.
Madame Thomas !
VALÈRE
Vous avez pris votre parti, Madame. Adieu.
ARLEQUIN, à Lucas, lui donnant un coup de poing dans l’estomac.
Marche.
LUCAS, pleurant.
Vous m’abandonnez donc, madame Thomas.
MADAME THOMAS, à Valère.
Arrêtez, Valère. J’aime mieux vous donner deux cents pistoles.
COLETTE
Ma chère mère, épargnez votre argent.
VALÈRE
Madame, cela est inutile.
ARLEQUIN
Non, non, nous allons joindre le régiment, (a Lucas, lui appuyant le pied sur le ventre.) Marche, glieUX, marche.