SCÈNE VI
LES CHÊNES, M. BOLUS, apothicaire, MADEMOISELLE SUZON.
M. BOLUS, en entrant.
Air : Je suis saoul de ma femme.
Je suis saoul de ma femme:
L’aurai-je toujours?
Elle ne nous croit pas ici, assurément.
mademoiselle stjzon.
Oli ! pour cela, non.
Air : Laire la, laire lan Taire.
La bonne dupe, sans façon,
A bien avalé le goujon.
Qu’en dis-tu, mon apothicaire?
M. BOLUS
Laire la, laire Ion laire,
Laire* la, laire Ion la.
SUZON
Vous lui avez dit que vos affaires ne vous permettoient pas de la mener à la noce de Colinette. Moi, de peur qu’elle ne soupçonnât que nous étions de concert, je m’offre d’abord à l’v accompagner. Elle en est charmée. Je l’amène, et pendant qu’elle danse, zeste, je m’esquive sans rien dire, et je viens ici à notre rendezvous.
LA FORÊT DE DODONE
BOL US
Le panneau n’étoit pas mal tendu.
SUZON
Si elle savoit ce qui se passe!...
BOLUS
Diable ! elle feroit un beau carillon. Comme elle est fort vertueuse, elle feroit un bruit....
SUZON
Trêve de vertu. N’en parlons point, je vous en prie.
BOLUS
Soit. Parlons de nos amours.
Air : Sais-tu la différence ?
M’aimez-vous sans partage ?
SUZON
Oh! très-fidèlement.
PREMIER CHÊNE, en écho.
Elle ment.
DEUXIÈME CHÊNE, en écho plus éloigné.
Elle ment.
SUZON
Otons-nous du passage.
PREMIER CHÊNE, en écho.
Pas sage.
DEUTXÈME CHÊNE, aussi en écho.
Pas sage.
BOLUS
.T’entends, je crois, l’écho.
PREMIER CHÊNE
Crois l’écho.