UN DES VOLEURS
Ne frappez point ce pauvre diable ;
Ami, tout beau;
Mettons plutôt ce misérable Dans le tonneau.
Des loups dont ce désert est plein,
Il sera bientôt le butin.
Les Voleurs prennent le tonneau, le défoncent, y mettent Arlequin, et s’en vont, après avoir remis les fonds. Arlequin, se voyant sans espérance de salut, pleure, crie, en roulant son tonneau. 11 vient un loup affamé qui cherche de la pâture. Il va flairer le tonneau, et comme il y sent de la chair fraîche, il fait tous ses efforts pour en briser les douves. Pendant qu’il s’y prend de toutes les manières, Arlequin passe la main par le trou de la bonde, attrape la queue du loup, qui se voyant saisi, a peur et veut prendre la fuite ; mais en tirant le tonneau, sa queue demeure entre les mains d’Arlequin, et dans le moment le tonneau se partage en deux. Le loup se sauve d’un côté et Arlequin de l’autre.
(Le théâtre change en cet endroit et représente la capitale de l’Isle.)
Mezzetin, habillé en grande prêtresse de l’Idole qu'on y adore, vient, avec Pierrot sa confidente, faire des réflexions sur la coutume de l’isle, et sur l’état de leurs affaires.