‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 20 sur 408 · CONFIDENTE · texte numérisé non relu

CONFIDENTE

MEZZETIN

Air : Menuet de M. de Grandval (-/).

Détestons ce fatal rivage Où nous vivons depuis trois mois ;

Pierrot, de ce climat sauvage Maudissons les cruelles lois.

Air : Je ne suis pas si diable.

Tous les mois sur le trône On place un étranger ;

Mais, ciel ! on le couronne,

Pourquoy ? Pour l’égorger !

Au temple d’une Idole Qu’on nomme Késaia,

Il faut que je l’immole 4'

A ce Dieu-là.

PIERROT

Air : Du cap de Donne-Espérance .

Nous fîmes bien, sur mon âme,

En arrivant, Mezzetin,

De prendre un habit de femme Pour fuir un pareil destin.

(1) Nicolas Ragot, dit Grandval, né en 1676, à Paris, était attaché en qualité de maître de musique à une troupe de comédiens ambulants pour laquelle il écrivit des divertissements dont il composait la musique. Comme auteur dramatique, il fit jouer quelques comédies. Il a publié aussi, en 1729, un livre de Cantates de sa composition, et en 1732, un Essai sur le bon goût en musique. Grandval mourut le 16 novembre 1753. Il fut le père du célèbre acteur Charles-François Grandval, qui débuta et fut reçu à la Comédie-Française en 1729.

ARLEQUIN, ROI DE SERENDIB

Le Grand Yisir vous crut fille ;

Il vous trouva bien gentille,

Et vous fit, pour vos beaux yeux,

Grande prêtresse en ces lieux.

MEZZETIN

Air : Ne m' entendez-vous pas ?

Oui ; mais, Pierrot, hélas !

Que je crains sa tendresse 1 Tous les jours il me presse....

Tu vois mon embarras.

Que n’ai-je moins d’appas !

Ain : Le fameux Diogène.

Ah ! cessez de vous plaindre !

C’est au Yisir à craindre,

Vous savez que la loi Veut qu’il perde la vie,

Si, lorsqu’on sacrifie,

Serendib est- sans roi.

Air : Réveillez-vous , Relie endormie .

Ce soir on fait le sacrifice ;

Il n’est pas venu d’Étranger.

MEZZETIN

Il faut que le Yisir périsse.

PIERROT

Préparez-vous à l’égorger.

Mezzelin paroi t se consoler, et marque par ses gestes qu’il immolera do bon cœur le Grand Visir à 1 Idole. Mais il ne jouit pas longtemps de la douceur de cette pensée. Ce ministre arrive, et lui dit avec beaucoup de joye :

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