SCÈNE IV
MIRTIS, les deux Amours, ARLEQUIN,
ARLEQUIN, se parlant à lui-même.
O la belle revue ! la belle revue ! Ceux qui disent que l’Amour n’a point d’armée n’ont pas feuilleté les galantps pages d’Ovide Nason. Ce précepteur d’amour, plus habile que celui de la rue Françoise (1), dit en termes exprès :
Militât omnis amans , et habet sua castra Cupido (2).
(Apercevant les deux Amours.)
Mais que vois-je ?... Que faites-vous donc ici, messieurs les Amours ?
(1) C’était dans la rue Françoise, aboutissant rl’un côté «à la rue Pavée, et, de l’autre, à la rue Mauconseil, t;ue se trouvait l’entrée principale de l’Hôtel de Bourgogne, oii les comédiens-italiens donnaient leurs représentations. — On jouait alors sur ce théâtre V Amour 'précepteur, comédie en trois actes, ornée d’un divertissement, de chants et de danses. Cette pièce, représentée pour la première fois le 2o juillet 1728, était do Thomas-Simon Gueulette, avocat au parlement. Quoique bien accueillie du public, elle ne put cependant être jouée que huit fois, et l’on tenta vainement de la-" remettre au théâtre en 17-19.
(2) Tout amant est soldat et l’amour a son camp.
(Ovide. Les Amours. Liv. !. Elég. tx.)