SCÈNE VI
COLETTE, le Tabellion, son oncle.
COLETTE
Je vous suis bien obligée, mon oncle, de ne m’avoir pas abandonnée dans le voyage que les Amours me forcent de taire ici, sans que je sache pourquoi.
LE TABELLION
Foi de tabellion, je n’en sais rien non plus.
COLETTE
Am ; Non, non , je ne me connois guère.
Non, non, je ne le connois guère,
Cet entant qui règne à Cythère.
le tabellion.
Ce petit dieu n’est qu’un vaurien.
Oh ! pour moi, je le connois bien.
11 m’a joué de bons tours.
COLETTE
Cela est vrai. Tenez, par exemple, il n’a jamais voulu vous donner le cœur de ma tante.
LE TABELLION
Tu as raison, Colette. Ta tante, avant notre mariage, a bien fait la rétive.
COLETTE
Air : Je suis la fleur des garçons du village.
Elle fuyoit votre ardeur méprisée,
Sans la payer d’aucun retour.
LE TABELLION
Oui, mais je l’ai bravement épousée,
En dépit d’elle et de l’Amour.