‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 247 sur 408 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

COLETTE

Le receveur de la dame de notre village a eu bien mal au cœur de ce mariage-là.

LE TABELLION

Oui, parbleu. Il m’en a voulu pendant quelques jours ; mais heureusement le tems l’a guéri. Il s’est fait une raison. Il m’accable d’amitiés, et ne sauroit passer un jour sans venir chez moi.

COLETTE

C’est un bon enfant ; il ne garde point de rancune.

LE TABELLION

Mais, dis-moi un peu, ma nièce, puisque les Amours t’ont forcée de venir à leur revue, il faut bien qu’ils aient quelque hypothèque sur ta personne,

COLETTE

Aucune... Je suis trop prévenue contre eux.

Am : Je me ris, je me ris , je me ris d'eux.

Souvent je vois des amans,

Qui se parlent de tendresse ;

Ils ont peu d’heureux momens,

Ils se querellent sans cesse.

Je me ris, je me ris, je me ris d’eux :

L’amour est une faiblesse.

Je me ris, je me ris, je me ris d’eux :

L’amitié borne mes vœux.

LE TABELLION

C’est fort bien fait à toi. L’amitié vaut mieux que l’amour. C’est sans doute pour Lisette que tu gardes ta bonne amitié ?

COLETTE

Oui, j’aime fort Lisette . mais il me semble que

j’aime encore davantage mon cousin Léandre.

LES AMOURS DÉGUISÉS

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