‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 248 sur 408 · I.E TABELLION · texte numérisé non relu

I.E TABELLION

Mais pourquoi as-tu plus d’amitié pour lui que pour elle?

Je n’en sais rien.

LE TABELLION

Je le devine bien, moi. C’est que Léandre est un jeune officier, lieutenant de sa compagnie, qui a un plumet rouge, une cocarde blanche. Oli !. dame ! tout cela échauffe bien l'amitié dans le cœur d’une fille.

COLETTE

Air : Attendez à demain, mon voisin.

Il est vrai que je l’aime Comme on aime un cousin.

LE TABELLION

Il en use de même Pour couvrir son dessein.

Ali ! morbleu qu’il est fin Le cousin !

Ali ! morbleu, qu'il est fin.

COLETTE

Vous vous I rompez, mon oncle.

LF, TABELLION.

Air : Voulez-vous savoir qui des deux?

Lorsqu’on veut, sans lui faire peur,

Avoir le bail d’un jeune cœur,

Comme on craint que, pour cette affaire,

If ne demande caution,

£cî:ne m.

L’amour est l’adjudicataire Et l’amitié le prête-nom.

COLETTE

Vous vous trompez, vous dis-je. Léandre ne dissimule point son ardeur.

LE TABELLION

C’est donc toi qui caches la tienne. Mais, ma pauvre Colette, tes finesses sont cousues de fil blanc, z Air : Je passe la nuit et le jour.

Quand, près de toi, ce beau cousin,

En petit-maître se trémousse,

Comment reçois-tu ce badin ?

COLETTE

Hé, mais vraiment, je le repousse.

LE TABELLION

Tu le repousses plaisamment !

Tu t’y prends si nonchalamment,

Si doucement, si mollement,

Qu’il y revient à tout moment.

COLETTE

Ab ! mon oncle, que vous expliquez mal la manière dont je reçois les airs familiers de Léandre !

Air : Comme un coucou que V amour presse. Devez-vous, sur des apparences,

Juger que je l’aime, en effet ?

Ce sont de petites licences Que le cousinage permet.

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