ACTE II, SCÈNE VI
ALI
Elle a raison.
SOLIMAN
Et de quelle manière voulez-vous donc le punir?
ALMANZTNE.
En retenant sa fille auprès de moi, pour quelque tems seulement. Le chagrin qu’il aura de ne la point voir vous vengera bien de sa désobéissance.
SOLIMAN
Si cela vous fait plaisir, je consens qu’elle vous tienne compagnie.
Soliman fait un signe. Ali se retire d’un air mécontent.
ALMANZINE, SOLIMAN.
ALMANZINE.
Air : Je l’aime, je l’aime.
Attalide a de la douceur. {bis.)
Bien plus tendrement qu’une sœur,
Je l’aime, je l’aime.
Elle paroit, seigneur,
M’aimer de même.
SOLIMAN
A la bonne heure. Mais elle se regardera toujours ici comme une esclave, et je crois quelle s’ennuiera bientôt avec vous.
ALMANZINE.
Am : J’avois . Lisette, un billet doux.
C’est mon affaire,
Et je prétends
ACHMET ET ALMANZINE.
Fort bien lui faire Passer son tems.
Nbus broderons, et nous ferons des nœuds Pour votre usage.
Nous travaillerons toutes deux
Au même ouvrage. [bis.)
SOLIMAN
Eh bien ! je viendrai quelquefois vous voir travailler l’une et l'autre.
Air : C’est le prince d’Orange.
Je me flatte d’avance D’être de votre écot.
ALMANZINE.
Oh ! je vous en dispense !
Vous y seriez... j’en crains la conséquence,
Vous y seriez de trop.
SOLIMAN
D’où vient donc ?
ALMANZINE.
Vous oubliez déjà le serment que vous avez fait de ne jamais voir Attalide.
SOLIMAN
Air : Diable- Z ot\
Pardonnez-moi, je m’en souviens ;
Mais vos appas, belle Almanzine,
Ne doivent pas craindre les siens.
Sa beauté, fut-elle divine,
Ne sauroit rompre mes liens.
ALMANZINE.
Ne m’en dites pas davantage.
Crovez-vous mon cœur assez sot,
Pour se fier à ce langage ?
Diable zot !