LE MÉDECIN
Air : On n'aime 'point dans nos forêts.
Quoi, Seigneur, vous mangez encor!
C’est trop exposer votre vie.
ARLEQUIN^ en colère.
Que nous vient chanter ce butor ?
LE MEDECIN, voulant ôter les plats.
Ces plats sentent l’apoplexie.
ARLEQUIN, donnant un coup de poing au Médecin.
Laisse là mes plats, Médecin ;
Tu ne dois sentir qu’un bassin.
Le Médecin, sans avoir égard à ce qui peut plaire ou déplaire à Arlequin, fait ôter les plats à mesure qu’il y porte la main, sous prétexte que a sont des mets nuisibles à sa santé ; ce qu’il explique par ses gestes. Mais la patience échappe à Arlequin, qui lui dit :
Air : Ma mère , mariez-moi.
Retire-toi, bateleur,
Veux-tu nous porter malheur ?
Chacun en te voyant là
ARLEQUIN, ROI DE SERENDIB
Ya dire : Fi donc ! Qu’est-ce que cela ?
Chacun en te voyant là Croira voirSanclio Pan ça (1).
Arlequin continue à vouloir manger, et le Médecin à lui enlever les plats. Arlequin prend une talemouse, mord dedans; le Médecin lui en arrache la moitié, l’autre demeure dans la bouche. Alors Arlequin, outré de colère, se saisit d’un plat de crème et l’applique sur le visage du Docteur. Ce qui finit le repas et le second acte.
(1) Allusion ?i la comédie de Sancho Pança de Dancourt qui fut représentée le 15 novembre 1712. Cette pièce eut si peu de succès, que l’auteur lui-même en interrompit lès représentations. Du reste on accusait, non sans raison, Dancourt d’avoir copié, presque mot pour mot, la comédie de Guérin de Bouscal, donnée en 1641, sous ce titre : le Gouvernement de Sancho.
FIN DU DEUXIEME ACTE