‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 335 sur 408 · SOLIMAN, ATTALÏDE, ACHMET, ZERBIN · texte numérisé non relu

SOLIMAN, ATTALÏDE, ACHMET, ZERBIN

ZERBIN

Seigneur, vous voyez le fils du grand vizir.

ACHMET

Air : Je ne veux point troubler votre ignorance.

Je ne viens point, en excusant mon crime, Chercher, seigneur, à prolonger mes jours ; Mais ne prenez qu.’une seule victime :

N’immolez pas l’objet de vos amours.

SOLIMAN, affectant de la sévérité.

Air : Menuet de monsieur de Grandval.

Son sort au tien sera semblable,

Et votre supplice est tout prêt.

ACHMET ET ALMANZINE.

(Montrant Attalide.)

Voici le juge redoutable,

Qui va prononcer votre arrêt.

ACHMET

O ciel ! En croirai-je mes yeux ? Attalide !

ATTALIDE, à son frère.

Air : Quand le péril est agréable.

Du châtiment qu’on vous destine,

Je vais vous informer, Achmet...

Notre bon sultan vous permet D’épouser Almanzine.

ACHMET, se jetant aux pieds de Soliman.

Quel excès de bonté ! Ah, seigneur !

Air : Comme un coucou que l'amour presse.

Vous contentez votre justice.

Ce trait excite dans mon cœur Des remords qui font mon supplice,

Lorsque vous faites mon bonheur.

SOLIMAN, le relevant.

Achmet, allez rassurer Almanzine, en lui apprenant mes bontés. Allez aussi consoler votre père.

Air : Voulez-vous savoir qui des deux ?

Courez lui dire que ces lieux Ne cacheront point à ses yeux ,

Une fille unique qu’il aime ;

Qu’il pourra la voir chaque jour Dans les honneurs du rang suprême Que lui destine mon amour.

(Achmet lui baise la main et se relire.)

Page 1