MEZZETIN, ARLEQUIN
MEZZETIN, a^rès avoir regardé sa ceinture.
Air : O reguingué, ô Ion lan la.
Veux-tu troquer?
ARLEQUIN, considérant sa bourse.
Oli! diable zot.
Morbleu! je ne suis pas si sot!
Mon ami, j’ai le meilleur lot.
J’aime beaucoup mieux, je te jure, De bon argent que ta ceinture.
MEZZETIN
Et moi, je fais bien plus de cas D’elle que de tous tes ducats.
Qu’il est beau d’avoir des appas!
Que je vais charmer de fillettes!
LA CEINTURE DE VÉNUS
Ah! que je vais faire d’emplettes!
MEZZETIN
Air : Landeriri.
Hé bien, voyons qui de nous deux Va devenir le plus fameux,
Landerirette.
ARLEQUIN
Tope... j’accepte ce défi,
Landeriri.
Ils font quelques pas comme pour s’en aller; mais Mezzetin arrête Arlequin
en lui disant :
MEZZETIN
Air : Je ne suis né ni roy ni 'prince.
Mais, Arlequin, lorsque j’y pense,
J’admire notre confiance.
Ne sommes-nous pas de grands fous?
La Fortune et l’Amour peut-être Se sont tous çleux moqués de nous.
ARLEQUIN
Ma foi, celapourroit bien être.
MEZZETIN
Ces Divinités sont trompeuses.
Il est vrai, ce sont des craqueuses.
Çà, dans ma bourse en ce moment,
Voyons si l’or se renouvelle.
Il fait l’essai do la bourse do cette manière. Il la vide dans son chapeau, où il y en a une semblable toute prête, qu’il fait voir en disant :
O ciel! la Fortune est vraiment De bonne foi, quoique femelle.