MEZZETIN, ARLEQUIN, NICOLE
MEZZETIN, après avoir mis sa ceinture.
Air : Griselidis.
Quelle aimable bergère Vient parer ce séjour!
En nymphe bocagère,
C’est la mère d’Amour.
Aussi je dis :
Dans ce lieu solitaire,
Que ne suis-je en ce jour Son Adonis ?
ARLEQUIN, passant sa main sous le menton do Nicole, dit sur le ton des
deux premiers vers :
Bonjour, ma mie Thomasse,
Mon bel œil de poisson.
MEZZETIN
Air : Quand je tiens de ce jus d’octobre.
Quoi ! vous vous promenez seulette !
NICOLE
Oh! je ne crains rien, Dieu merci!
Lucas vient d’épouser Colette ;
La noce est à vingt pas d’ici.
LA CEINTURE DE VÉNUS
MEZZETIN
Air : Réveillez-vous, belle endormie.
C’en est fait, déjà je soupire Pour vos appétissants appas.
NICOLE, faisant la révérence d’un air innocent.
Monsieur, cela vous plaît à dire.
(a part,) Ce monsieur ne me déplaît pas.
MEZZETIN
Am : Menuet d’IIésione ,
Je vous adore, je le jure.
NICOLE
Ne vous moquez-vous point de moi?
1 , MEZZETIN
Non, ma princesse.
ARLEQUIN, à pari.
La ceinture
Opère déjà, sur ma foi.
MEZZETIN
Air : Ya-t-en voir s’ils viennent.
Prenez-moi pour votre amant;
Mes feux vous conviennent.
NICOLE
Vous m'aimerez tendrement ?
MEZZETIN
Et qui plus est, constamment.
ARLEQUIN, bas.
Va-t’en voir s’ils viennent .... Jean, Va-t’en voir s'ils viennent.