‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 105 sur 331 · LÉANDRE, COLOMBINE · texte numérisé non relu

LÉANDRE, COLOMBINE

LÉ ANDRE

Air : Charmante Gabrielle.

Ma chère Colombine,

Je suis au désespoir.

COLOMBINE

Votre sort me chagrine.

LÉANDRE

Quoi ! je la perds ce soir 1

COLOMBINE

Oui, le docteur pour gendre,

Veut Arlequin.

Il préfère à Léandre Ce laid mâtin*

(1) On appelait Traitants les financiers qui, sous l’ancienne monarchie, étaient chargés du recouvrement des impôts. Ce nom leur fut donné parce qu’une grande partie des impôts étaient désignés sous le nom de traites. Les traites n’ont été abolies qu’à l’époque de la Révolution.

ARLEQUIN TRAITANT

LÉANDRE

Air : Un sot qui veut faire l’habile.

Ignore-t-il donc sa naissance ?

Ne sait-il pas qu’il fut valet jadis?

Que ce maraud, sans la finance,

Seroit encor....

COLOMBINE

C’est ce que je lui dis.

Il me répond : Léandre, qui vous touche, Sort de meilleure souche,

J’en tombe d’accord;

Mais j’aime mieux ce qui sort D’un bon coffre-fort.

LÉANDRE

Air : Qu’on apporte bouteille.

Et que dit Isabelle?

COLOMBINE

Sans cesse dans les pleurs,

Elle maudit la loi cruelle,

Qui va causer tous ses malheurs.

Air : Amis, sans regretter Paris.

O ciel! que ne puis-je expirer Avant ce mariage !

COLOMBINE

Nous allons, pour le différer.

Mettre tout en usage.

LÉANDRE

Air : Sois complaisant, affable, débonnaire ■.

Ah! faisons mieux, Sauvons-nous avec elle,

Loin de ces lieux!

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