‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 157 sur 331 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MADAME THOMAS

N’est-ce pas, ma nièce ?

MATH URINE

Oui, vraiment, ma tante.

MADAME THOMAS

Air : Tique, tique , taque.

Il n’est rien de plus parfait [bis.)

Que cet aimable valet. [bis.)

A l’ouvrage il se démène :

Tique, tique, taque, et Ion lan la :

Il en vaut une douzaine.

MATHURINE

Le bon valet que voilà !

Tous les autres sont des fainéants; lui seul est né pour le travail.

MATHURINE

C’est la pièce de résistance.

MADAME ^THOMAS

Vous avez de l’esprit, ma nièce; et je vous crois capable de me donner conseil sur une affaire importante. Je songe à me remarier.

MATHURINE, surprise.

Ah, ali!

MADAME THOMAS

Air : Quand on a prononcé ce malheureux oui.

Ne t’imagine pas que ce soit par caprice;

Mais je veux empêcher que mon bien ne périsse.

J’ai besoin d’un mari vigilant, entendu;

Et je pense à Lucas. Que me conseilles-tu?

MATHURINE, froidement.

Tout ce qu’il vous plaira, ma tante.

LES AMOURS DE NANTERRE

MADAME THOMAS

Air : Quand le 'péril est agréable .

Il est grand, il a belle face.

Là. franchement, ne crois-tu pas,

Qu’il puisse du défunt Thomas,

Fort bien remplir la place ?

MATHURINE, d’un ai r mécontent.

C’est votre affaire, ma tante.

MADAME THOMAS

Mais, est-ce que tu n’approuves pas mon choix ?

MATHURINE

Si vous voulez que je vous parle naturellement, je ne vois pas qu’il soit nécessaire que vous l’épousiez, puisqu’il fait vos affaires avec zèle.

MADAME THOMAS

Air : Pour passer doucement la vie .

Oh ! ce sera bien autre chose,

Quand j’aurai joint son sort au mien.

MATHURINE

Quelle erreur !

Valet qui jamais ne repose,

Devenu maître, ne fait rien.

MADAME THOMAS

Je ne pense pas comme cela, moi. Je trouve que ce

garçon-là est bien mon fait.

Croyez-moi, vous devriez plutôt penser à marier ma cousine.

MADAME THOMAS

Oh ! cela ne presse pas.

MATHURINE

Mais songez à ce que dira tout le village, si...,

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