SCÈNE XVI
LUCAS, ARLEQUIN, tambour.
Il a une bouteille pendue à sa ceinture et deux verres à son chapeau.
ARLEQUIN, chante en battant du tambour.
Air : Grand duc de Savoie , à quoi penses-tu ?
Fi des villageoises Avec leur fierté !
Vivent nos grivoises !
J’en suis enchanté.
Souvent au village,
On nous fait souffrir;
Au camp, la plus sage A nous vient s’offrir.
LUCAS
Courage, courage, monsieur Arlequin. Vous êtes toujours un drôle de corps.
ARLEQUIN
Am : Du haut en bas. (Rondeau.)
Tambour battant,
Mon cher Lucas, je me promène,
Tambour battant.
De mon sort je suis fort content;
LES AMOURS DE NANTERRE
Bon pain, bon vin, bon capitaine,
. Avec un tendron que je mène Tambour battant.
LUCAS
Pardi! vous n’engendrez pas de mélancolie, monsieur Arlequin.
ARLEQUIN
Non, vraiment. Ni vous non plus, monsieur Lucas, vous qui êtes la coqueluche de Nanterre, et le factoton de madame Thomas.
LUCAS
Je ne suis encore que le garçon de la farine, mais, entre nous, j’en serai bientôt quelque chose de plus, dà.
Air : Et je l’ai pris pour un valet.
Je vais de madame Thomas,
Terminer le veuvage.
ARLEQUIN, sautant au cou de Lucas.
Que je t’embrasse, cher Lucas.
C’est une veuve sage.
Elle te prend pour son mari*
A cause de ton teint fleuri.
LUCAS, sautant et répétant les deux derniers Vers.
Elle me prend pour son mari,
A cause de mon teint fleuri.
ARLEQUIN
Je l’en estime davantage. C'est une brave femme. Il
faut boire à sa santé.
LUCAS
Tope.
ARLEQUIN, ayant donné un verre à Lucas, et lui ayant versé du vin.
Air : Les fanatiques .
Allons, buvons à la santé
De cette grosse mère, (iis boivent.)