‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 176 sur 331 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Sans oublier la beauté,

Dont est charmé Yalère. (iis boivent encore..) Trinquons à la postérité,

Dont tu dois etre père. (Ils recommencent à boire.

LUCAS

Morgué ! v’ià du bon vin. Varsez-m’en encore. A vous et à moi présentement.

ARLEQUIN, choquant avec lui.

Allons, à nous deux.

LUCAS, après avoir vidé son verre.

Hoça, à pt’heure, à qui boirons-je? Pargué, à votre amoureuse, monsieur Arlequin.

ARLEQUIN, lui versant encore du vin.

Je vous remercie, mon ami.

Air : Pavane d’Énée.

Lucas est un bon garçon,

Il s’entend bien à vider un flacon.

Oh! par ma foi, c’est grand dommage Qu’il croupisse en un village !

Il auroit fait l’ornement Du plus célèbre régiment.

LUCAS

Oui, mais il ne faut qu’un coup seulement,

Pour bouttre un homme au monument.

ARLEQUIN

Tu crains la mort, parce que tu n’y es pas fait. Si tu avois seulement deux campagnes, par devers loi , tu écouterois ronfler le canon comme une flûte douce.

LUCAS

Jarni! si je savois ça, je mebouttrois tout à l’heure dans le sarvice.

Tu t’y accoutumeras, te dis-je.

LES AMOURS DE NANTERRE

LUCAS

J’aimerois à ne sarvir que dans les revues.

ARLEQUIN

Sur ce pied-là, tu peux t’engager à présent. Nous sommes en paix ; il n’y a rien à risquer. Buvons un coup. Un verre de vin porte conseil.

(Ils boivent de nouveau.)

LUCAS, après avoir bu.

Air : Bannissons d’ici l’humeur noire.

Oh! ce n’est pas que je balance!

J’ai du cœur comme un enragé ; *

Mais, si la guerre recommence,

Je prétends avoir mon congé.

ARLEQUIN

Gela va sans dire. Allons, mon brave, à la santé du

roi. (il lui verse encore du vin.)

LUCAS, choquant son verre.

Allons, oui. Vive la guerre pendant la paix.

(Il signe un papier qu’Arlequin lui présente.)

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