SCÈNE XX
Ce qu’on ne dit qu’à la matrone.
Bien en prend qu’autour de Paris, On ne greffe pas les taillis Avec du chêne de Dodone.
CHŒUR
Bien en prend, etc.
Deuxième couplet.
COLINETTE.
On ne sait pas que dans Auteuil, La veuve Iris, pendant son deuil, Ne répand que du vin de Beaune.
Bien en prend qu’autour de Paris, On ne greffe pas les taillis Avec du chêne de Dodone.
CHŒUR
Bien en prend, etc.
Troisième couplet.
ARLEQUIN, aux spectateurs.
Messieurs, serrez vos flageolets, Qui font de si beaux ricochets, Quand une pièce n’est pas bonne.
Au jugement qu’ont vos sifflets, On diroit qu’ils ont été faits Du bois de chêne de Dodone.
CHŒUR
Au jugement, etc.
FIN HR l.A FORÊT DE DODONE
LE
REMOULEUR D’AMOUR
PIÈCE EN UN ACTE
Par LESAGE, FUSELIER et DORNEVAL
Représentée le 3 février sur le théâtre des Marionnettes de laplace à la foire Saint-Germain.
Nous n’avons donné cette pièce que parce qu’elle nous permet de rappeler un fait curieux se rattachant aux persécutions dont les spectacles forains furent si souvent victimes.
A cette époque, le privilège de l’Opéra-Comique avait été encore une fois supprimé, quoique Francisque eût signé, avec sa troupe, un bail de neuf ans. Dans ces circonstances, Lesage, Fuzelier et Dorneval trouvèrent un moyen de tourner la loi qui défendait aux acteurs de parler et de chanter. Ils louèrent, sous le nom de La Place, une salle à la foire Saint-Germain, et ils y firent jouer, par des marionnettes , des pièces de leur composition qui furent trèsgoûtées du public. Ces pièces étaient : Pierrot-Romulus, parodie de la tragédie de Romulus par La Motte ; le Rémouleur d'amour et l'Ombre du cocher-poëte, qui servait de prologue à ces deux pièces. * .
PERSONNAGES
L’Amour/
PIERROT, rémouleur.
F ANC IIE TT E, couturière aimée de Pierrot.
Un Petit-maître.
Une Coquette.
VIROSOLI, maître de pension.
COLIN, paysan.
C L AU DIN E, paysanne.
Un Suisse.
Troupe de Pèlerins et de Pèt.ertnes de Cythère.
T, a scène se passe d’abord dans une rue de Paris, et ensuite dans les jardins de Cythère.
LE
RÉMOULEUR D’AMOUR
PIÈCE EN UN ACTE
Le théâtre représente une rue au milieu de laquelle on voit Pierrot, qui fait l’action de repasser des couteaux sur une meule de gagne-petit.