SCENE II
Aux doux que je rive Il ne manque rien ;
Car je les cogne, cogne,
Car je les cogne bien.
FANGHETTE , lui donnant des petits souftlels.
Çà, monsieur le raisonneur.
Am : Pierrot reviendra tantôt.
Quand voulez-vous passer chez nous? (bis.)
PIERROT, lui mettant la main sous le menton.
Dès demain matin, mes yeux doux.
FANGHETTE, le repoussant.
Pierrot !...
Pierrot, venez-y tantôt.
PIERROT^ continuant à, la caresser,
Tantôt, vous verrez Pierrot.
FANGHETTE;
Tenez-vous, s’il vous plaît.
PIERROT
Air : Qu’on apporte bouteille.
Tu viens toujours, brunette, Badiner avec moi ;
Et tu 11e veux jamais, folette,
Que Pierrot badine avec toi.
FANGHETTE.
AIr : Du haut en bas.
Gagne-petit,
Je n’écoute point la fleurette, Gagne-petit.
pierrot. .
Mais pour quelque garçon gentil, Peut-être êtes- vous plus doucette,
LE RÉMOULEUR D’AMOUR
FANGHETTE.
Non. Tout homme est près de Fanchette, Gagne-petil.
PIERROT
Air : Margueton allant au moulin .
Si pourtant, mon petit tendron.
Je vous convenois pour mignon,
Vous auriez un bon compagnon.
(Il la tourmente.)
Lanfin, lanfa,
Lantourelourifa.
FANGHETTE, se défendant.
Arrêtez-vous donc. Fi donc, badin! Laissez-moi là. Oh 1 je n’aime point du tout cela!
(Elle se débarrasse de ses mains, et s’enfui I.)
L’orchestre joue la Descente de l’Amour; et l'on voit ce dieu qui vient en volant se présenter devant Pierrot.