‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 207 sur 331 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PIERROT

Air : Petit boudrillon.

Sur les bords de la Seine,

Vous venez en frelon,

Boudrillon,

Faire à quelque inhumaine

Sentir votre aiguillon,

Boudrillon,

Petit boudrillon,

Boudrillon, dondaine,

Petit boudrillon,

Boudrillon, dondon.

l’amour.

Am : Ho! ho! Ha! ha! Pt pourquoi donc ?

J’aurois beau le vouloir,

Mon cher Pierrot, hélas 1

Je n’ai plus de pouvoir!

Tire-moi d’embarras.

PIERROT

Hol hol Ha! ha!

Et pourquoi donc? Comment cela?

l’amour.

Air : Le rémouleur »

Depuis qu’à coups de flèche,

Aux cœurs je fais brèche,

Mes traits lancés Se sont émoussés ; î>ar toi qu’ils soient repassés*

Gentil rémouleur,

Reçois cet honneur.

PIERROT

J’y consens de bon coeur.

Je remOudrài,

J’aiguiserai ;

LE RÉMOULEUR D’AMOUR

Pour vous ma meule tourne, Tourne, retourne.

Vous avez fort bien rencontré.

l’amour.

Am : Comme un coucou que V amour presse. Allons, sans tarder davantage,

Je te conduis dans mon palais.

Là, je t’instruirai de l’usage,

Que je veux faire de mes traits.

(L’Amour embrasse Pierrot, et l’enlève.)

PIERROT, en partant, fredonne l’air :

Suivons V Amour , c'est lui qui nous mène.

Le théâtre change en cet endroit, et représente les jardins de Cythère dans les ailes, avec une mer dans le fond. Il paroit une barque remplie de pèlerins et de pèlerines de Cythère, conduite par deux Amours. Les pèlerins vont débarquer dans les coulisses. Pendant ce tems-là, l’orchestre joue une musette pour l’arrivée, et pour la marche des pèlerins qui suit le débarquement.

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