‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 236 sur 331 · SCÈNE VTIf · texte numérisé non relu

SCÈNE VTIf

* CLIGLINIA.

Et moi, je retiens ce ballot de parodies d’opéras. Cela appartient de droit aux comédiens-italiens.

PIERROT, déclamant doux vers parodiés de Phèdre {!}.

Leur appartient de droit! Dieux! qui les connoisscz,

Sont-ce leurs belles voix que vous récompensez?

M. DESBROUTILLES.

Oh! oh! Qu’est-ce que ceci? Lé-Obstacle favorable , . pièce d’intrigue en un acte.... Voilà encore pour nous.. .. Voyons celle-ci : Les Amours déguisés, pièce....

CLIGLINIA.

Ali! c’est une parodie. Donnez-la moi.

PIERROT

Non, non, ce n’est pas une parodie. Le titre vous a trompée.

M. DESBROUTILLES.

Croyez-moi, signora. Ne nous contentons point de prendre les pièces de l’Opéra-Comique, il faut tout à l’heure obliger nos captifs à en représenter quelquesunes devant nous, afin que nous puissions attraper leur goût; car, diable! la sauce vaut encore mieux que le poisson.

PIERROT

Comment, jarnonbille ! ce n’est donc point assez de nous voler nos marchandises, vous voulez que nous vous apprenions à les débiter !

M. DESBROUTILLES.

Il le faut. Nous ne vous laisserons la vie qu à ce prix-là.

(1) Dieux, qui la connoissez,

Est-ce donc sa vertu que vous récompensez?

(Acte II, scène VI.)

LES COMÉDIENS CORSAIRES

PIERROT

Mais nous ne sommes pas à présent en humeur de....

CLICLINIA, lui mettant un pistolet sur la gorge.

Oh!, parbleu! En humeur ou non, faites ce qu’on vous dit, ou je vous brûle la cervelle.

PIERROT

Air : Je ne suis né ni roi ni prince.

Je ne fais plus de résistance;

Je cède à votre violence.

Nous allons jouer devant vous,

Seulement pour vous satisfaire ;

Car vous joûrez tout comme nous,

En jouant à votre ordinaire.

M. DESBROUTILLES.

Commencez par V Obstacle favorable.... (a scs camarades.) Mes amis, pendant qu’ils vont s’y préparer, réjouissonsnous de leur ruine, et célébrons notre victoire*

(On danse.)

VAUDEVILLE

Air : De monsieur l’Abbé .

Premier couplet.

Pourquoi tant de soins se donneT Pour procurer son avantage ?

Lorsque l’on permet le pillage,

Pourquoi s’amuser à gagner?

Il est bien plus court de se faire Un franc corsaire.

Second couplet.

En finance, c’est une erreur Que d’être scrupuleux à prendre.

La fortune fuit l’âme teiidrej Et, pour obtenir sa faveur,

Il est bien plus court de se faire Un franc corsaire.

SCÎùNE VIII.

Troisième couplet.

Quand, par des soupirs trop constans, On veut fléchir une cruelle,

On sèche, on languit auprès d'elle.

Pour voir couler de doux instans,

Il est bien plus court de se faire Un franc corsaire.

Quatrième couplet.

Pourquoi travailler à creuser Quelque idée heureuse et nouvelle, Lorsque l’on voit la bagatelle.

Quoique rebattue, amuser?

Il est bien plus court de se faire Un franc corsaire.

Cinquième couplet.

Barbons, qui voguez lentement Sur le golfe de la Tendresse,

Vous avez par trop de foiblesse.

Vous ne prendrez rien sûrement.

D’uli vieillard on a peine à faire Un bon corsaire.

Sixième Couplet-.

Mëssieurs, notre petit vaisseau Craint ici de faire naufrage.

Ëassurez-nous contre l’orage.

Quand il vous plaît, le teins est beau. Quand le public est trop sévère,

C’est un corsaire;

Flx DU PROLOGUE;

LES

AMOURS DÉGUISÉS

PIÈCE EN UN ACTE

Par LESAGE et DORNEVAL

Représentée à la foire Saint-Laurent , le 20 septembre 1720

Il est nécessaire de remarquer ici que jadis on ne se disputait pas, comme de nos jours, la possession d’un titre. Nous pourrions citer cent exemples à l’appui de ce que nous disons. Pour les Amours déguisés seulement, nous trouvons, sous ce titre, un ballet composé par le président de Périgny, musique de Lully, qui fut représenté, le 13 février 1664, par les acteurs de l’Hôtel de Bourgogne. Un autre ballet lyrique en trois actes, portant également le môme titre, fut représenté sur le théâtre de l’Opéra, le 22 août 1713 : il avait été composé, pour les paroles, par Fuzelier, et, pour la musique, par Bourgeois, qui était tout à la fois excellent chanteur à l’Opéra et bon musicien.

On reprit ce ballet à l’époque môme ou l’on jouait les Amours déguisés de Lesage et Dorneval au théâtre de la foire. Mais cette dernière pièce n’était nullement, comme on pourrait le croire, une parodie de l’opéra. C’était une idée neuve, assez bien rendue, et qui certainement justifiait beaucoup mieux son titre que le ballet lyrique de Fuzelier et Bourgeois.

Les acteurs qui jouèrent étaient ceux de l’Opéra-Comique du sieur Honoré, associé avec Francisque, revenu de la province à Paris depuis 1722. Les associés occupaient alors l’ancienne loge du chevalier Pellegrin, où les comédiens-italiens avaient représenté pendant trois ans diverses pièces avec assez peu de succès.

PERSONNAGES

MIRTIS, nymphe de la suite d’Hébé.

Deux petits Amours.

ARLEQUIN, aide de camp de Mercure, et valet de Léandre.

LÉANDRE, lieutenant d’infanterie.

COLETTE, amante et cousine de Léandre.

MADAME DOUCET, riche veuve.

MADEMOISELLE RAFFINOT, précieuse.

FARINETTE, boulangère, Pierrot.

M. PIÉ -DE-MOUCHE, procureur.

Un Tabellion, oncle de Colette.

Un Suisse.

Troupe d’Amours et de Plaisirs.

Troupe d’Amans de toutes les nations.

ancien

La scène sc passe dans Pile de Cythèro.

LES

AMOURS DÉGUISÉS

PIÈGE EN UN ACTE

Le théâtre représente Pile de Cythère.

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