‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 245 sur 331 · I.E TABELLION · texte numérisé non relu

I.E TABELLION

Air : Voulez-vous savoir qui des deux?

Lorsqu’on veut, sans lui faire peur,

Avoir le bail d’un jeune cœur,

Comme on craint que, pour cette affaire,

Il ne demande caution.

sc T: ne vi.

L’amour est l'adjudicataire Et l’amitié le prête-nom.

COLETTE

Vous vous trompez, vous dis-je. Léandre ne dissimule point son ardeur.

LE TABELLION

C’est donc toi qui caches la tienne. Mais, ma pauvre Colette, tes finesses sont cousues de fil blanc.

Air : Je passe la nuit et le jour.

• Quand, près de toi, ce beau cousin,

En petit-maître se trémousse,

Comment reçois-tu ce badin ?

Hé, mais vraiment, je le repousse.

LE TABELLION

Tu le repousses plaisamment !

Tu t’y prends si nonchalamment,

Si doucement, si mollement,

Qu’il y revient à tout moment.

COLETTE

Ab ! mon oncle, que vous expliquez mal la manière dont je reçois les airs familiers de Léandre !

Air : Comme un coucou que l’amour presse.

Devez-vous,' sur des apparences,

Juger que je l’aime, en effet ?

Ce sont de petites licences Que le cousinage permet.

LE TABELLION

Je veux bien croire que je m’abuse. Mais il huit avouer que l’amour de ton cousin fait bien ses orges (1) avec ta bonne amitié.

(1) Locution familière et populaire pour dire (pie l’on fait bien ses affaires en quelque chose. Elle est tirée de ce (pie faire ses orges signifie, en propre, faire la moisson des orges.

LES AMOURS DÉGUISÉS

Allons. Le commissaire de la revue nous fera voir tantôt qui de nous deux est dans l’erreur.

(Ils s’cn vont.)

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