‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 256 sur 331 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

FARINETTE

Pas même pour feu mon mari.

ARLEQUIN

Landeriri.

FARINETTE

Air : N’aurai-je jamais un amant ?

Je ne veux point avoir d’amant ;

J’ai tout ce qu’il me faut. Si j’en voulois, vraiment, J’en trouverois fort aisément,

Car toutes en ont,

Et la Madelon,

Et la Jeanneton,

Et la Margoton.

J’ai mon tirelire Boutifire.

Vironfla, si quelque sire Vient me raisonner... or,

Je sais que lui donner.

(Elle donne, par démonstration, un soufflet à Arlequin.) ARLEQUIN, portant la main à sa joue.

Doucement, madame Farinette! Je ne vous dis mot, et n’ai encore envie de vous en conter.

FARINETTE

Trédame ! vous êtes bien dégoûté ! Je suis pourtant la perle de Gonesse.

ARLEQUIN

Vous êtes une perle furieusement ronde.

FARINETTE

Que dites-vous de ces fripons d’Amours qui m’ont entraînée ici ?

ARLEQUIN

Apparemment qu’ils sont fondés en raison.

LES AMOURS DÉGUISÉS

FARINETTE

Ils disent comme ça que je suis embéguinée de Thomas, mon mitron ; et pourtant je n’ai que de la reconnoissance pour lui.

ARLEQUIN

Et sur quoi soupçonnent-ils cela ?

FARINETTE

Que sais-je, moi ? C’est peut-être parce que je lui chante tous les matins':

Air : Ah! Thomas, r éveille-toi.

C’est trop longtems dormir, ma foi,

Ah! Thomas, réveille-toi,

Je te donnerai de l’emploi.

Ah ! Thomas, réveille, réveille,

Ah ! Thomas, réveille-toi.

ARLEQUIN

C’est sans doute un joli garçon que ce Thomas-là ?

FARINETTE

Oh ! dame, oui !

Ain : Hé, dru, dru, dru.

C’est un petit brunet trapu,

A la fleur de son âge.

Il fait le gros et le menu,

Lui seul dans mon ménage.

Hé, dru, dru, dru !

Je n’en ai jamais vu De si rude à l’ouvrage.

ARLEQUIN

Je vous en félicite.

FARINETTE

Air : Il va son train.

Il blute sa farine,

Dès la pointe du jour,

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